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lundi, 02 mai 2005
« MON PLAN EUROPEEN POUR FAIRE BAISSER LE PRIX DU PETROLE »
Interview de PATRICK DEVEDJIAN , Ministre délégué à l’Industrie
ALORS, que les prix du pétrole continuent de susciter l’inquiétude des gouvernements, des entreprises et des particuliers, victimes de l’inflation sur les carburants, les ministres européens de l’énergie se réunissent aujourd’hui à Paris pour tenter de trouver une solution au problème.Patrick Devedjian, le ministre délégué à l’Industrie en charge du dossier, leur présentera à cette occasion des propositions pour une riposte commune. En avant-première, il détaille son plan à notre journal.
Vous recevez aujourd’hui vos homologues européens, dans quel but ?
■ Patrick Devedjian. Les réponses apportées à la hausse du prix du pétrole sont dispersées et inefficaces. J’ai donc proposé aux ministres de l’Energie des 25 pays de l’Union, au commissaire européen chargé de l’énergie, Andris Piebalgs, et au président luxembourgeois du Conseil énergie, Jeannot Krecké, de les recevoir pour définir ensemble une réponse européenne commune.
Vous annonciez il y a quelques mois un baril à 35 dollars mais il dépasse désormais les 50 dollars…
Je maintiens que le prix normal du pétrole, c’est 35 dollars. On est en pleine spéculation. C’est une situation anormale, dans un marché non régulé. Le seul moyen d’y mettre fin est d’augmenter les capacités de production et de raffinage, et de lutter contre la spéculation. C’est l’objet des cinq propositions que je ferai aujourd’hui à mes homologues européens.
Votre première proposition est de publier le niveau des stocks européens, pourquoi ?
Il faut leur donner une visibilité internationale. Le cours du pétrole varie beaucoup en fonction des réserves américaines. Or, nous avons des stocks considérables en Europe, mais nous n’en parlons jamais. En centralisant ces données et en les publiant, disons tous les quinze jours, cela stabiliserait les marchés et dissuaderait les spéculateurs. Avec le risque pour eux que, lorsque les prix montent de manière spéculative, Bing !, les pays européens puissent, de manière concertée, mettre quelques millions de tonnes de pétrole sur le marché et, en faisant chuter les cours, leur fait perdre de l’argent. Ca les calmerait.
« RENOVER LES RAFFINERIES »
Comment comptez-vous augmenter les capacités de production et de raffinage ?
Les pays producteurs de pétrole n’investissent pas suffisamment. L’Europe doit les convaincre de le faire et , pour cela parler d’une seule voix. Par ailleurs, je propose qu’on aide les nouveaux pays de l’Union européenne à rénover leurs raffineries en y affectant prioritairement les fonds structurels européens. Cela peut aller assez vite.
Et les économies d’énergie, dans tout ça ?
Je vais proposer une politique européenne commune en la matière. En France, nous avons des incitations fiscales, des encouragements à l’investissement, la promotion de certaines énergies renouvelables… D’autres pays mènent leur propre politique. Il faut réfléchir à l’harmonisation de ces politiques. J’y crois et mes homologues sont très demandeurs.
En attendant, pas de baisse de taxe pour le consommateur, victime des prix à la pompe ?
Si vos pensez à la Tipp flottante, la réponse est non : cela coûte très cher au niveau global avec un résultat infime pour le consommateur. En revanche, la loi d’orientation sur l’énergie, examinée à partir de demain au Parlement, met en place un certain nombre de dispositifs destinés à récompenser les particuliers et les PME ayant un comportement vertueux en matière de consommation d’énergie.
Par Olivier AUBRY (Le Parisien du 02 Mai 2005)
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