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mardi, 24 mai 2005
Transports en Ile-de-France : le service garanti déclenche des protestations
LE MONDE | 23.05.05
Le Conseil de paris, réuni lundi 23 mai, devait se prononcer sur un voeu réclamant le retrait de la proposition de service minimum dans les transports en Ile-de-France. "Les élus locaux sont clairement négligés, bafoués, alors qu’on nous vante sans cesse la décentralisation" , déclare Denis Baupin, adjoint (Verts) au maire de Paris, chargé des transports et vice-président du Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), qui évoque aussi "un nouveau coup de force inadmissible de la part du gouvernement" .
Selon une information révélée par le Journal du dimanche du 22 mai, Bertrand Landrieu, le préfet de région, qui est aussi président du STIF, a proposé, lors de la réunion du bureau du STIF mercredi 18 mai, l’instauration d’"un service garanti" lors des jours de grève : 50 % du trafic pour la RATP et 33 % pour la SNCF. Cette proposition devrait être entérinée lors du conseil d’administration du STIF vendredi 17 juin.
"Veut-on inaugurer notre entrée au STIF par un grand conflit social au début des vacances d’été et juste avant la décision du Comité international olympique sur la ville d’accueil des Jeux d’été de 2012 ?" , s’est aussitôt offusqué Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région Ile-de-France. Le 1er juillet, l’autorité des transports franciliens sera, en effet, transférée de l’Etat à la région.
GRÈVE LE 2 JUIN
Les syndicats de la RATP et de la SNCF parlent, eux, de "provocation" . "Lors de la grève nationale du 2 juin, les cheminots auront à coeur de montrer leur volonté de ne pas laisser remettre en cause le droit de grève en Ile-de-France comme ailleurs" , lance Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots. Pour Christian Mahieux, secrétaire fédéral de SUD-Rail, "fixer une obligation d’un nombre de trains, c’est forcément une restriction du droit de grève" .
Les représentants de la droite au conseil d’administration du STIF approuvent ce projet. "Cette proposition, qui assure un service garanti et non un service minimum, est préférable à l’élaboration d’une loi" , indique Roger Karoutchi (UMP). Dans la majorité, certains y voient même une démarche exemplaire : "L’application du service garanti en Ile-de-France donnerait l’occasion à l’Etat de montrer l’exemple à suivre pour les autres régions" , soutient Hervé Mariton, député (UMP) de la Drôme et rapporteur du budget des transports à l’Assemblée nationale.
La Fédération des usagers des transports publics (FUT) est, elle aussi, favorable à cette mesure, mais s’inquiète : "Le gouvernement n’a peut-être pas choisi le meilleur moment pour faire savoir qu’il va faire adopter le service minimum en commençant par le présenter au STIF" , a déclaré Jean-Claude Delarue, président de la FUT.
Du côté du gouvernement, Gilles de Robien, ministre des transports, "dément catégoriquement la mise en place d’un service minimum obligatoire dans les transports en Ile-de-France" . Il rappelle les accords conclus à la RATP et à la SNCF en matière d’amélioration de l’information aux voyageurs et l’engagement volontaire des exploitants en cas de grève. "Ce dernier engagement garantit absolument le respect des deux droits fondamentaux que sont le droit de grève et la continuité du service public" , assure M. de Robien.
Dominique Buffier
12:10 Publié dans Conseil Régional d'Ile-de-France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







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