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dimanche, 29 mai 2005

Mobilien - Hauts-de-Seine

DANS LES HAUTS-DE-SEINE, LA LENTE REALITE DU TERRAIN

Roger KAROUTCHI a depuis longtemps déploré l’absence de projet de la part de l’exécutif régional socialiste en matière de transports.

Sur la vingtaine de lignes de Mobilien qui doivent desservir ce département, une poignée seulement ont fait l’objet de projets d’aménagement validés. La mécanique vertueuse du départ se confronte aux dures réalités géographiques et politiques.

Une ligne, la 171, est achevée, avec des aménagements « light », une seconde , la 126, est en cours d’aménagement. Pour deux autres (164 et 323), les chantiers sont programmés. Enfin quatre autres axes validés attendent un calendrier de travaux…
Les avancés du Mobilien dans les Hauts-de-Seine ne sont pas vraiment spectaculaires. Dans ce département très urbanisé dont les coteaux abrupts forment un croissant à l’ouest de Paris, le plan de déplacement urbain (PDU) d’Ile de France avait identifié 25 lignes de bus « structurantes ». Aujourd’hui on est loin du compte. « Le schéma idéal de réalisation, c’était dix-huit mois de réflexion en « comité d’axe », un an de mise au point du dossier technique et financier et dix-huit mois de travaux », commente Philippe CHESSON, responsable Mobilien pour le sud du département à la RATP. « En réalité, la phase d’études a souvent duré plus de deux ans et les travaux s’étalent sur trois ans. »
Les réalisations ne sont pas non plus à la hauteur des ambitions affichées. La 171, qui relie le pont de Sèvres à Versailles (19.000 voyages par jour) et « rabat » des banlieusards sur la ligne 9 du métro, est la première ligne réputée achevée… mais la moitié du parcours, dans les Yvelines hostile au PDU, reste à faire. Certes les actions engagées sont multiples : aménagements de carrefours et d’arrêts, expérimentation de priorité dynamique aux feux, meilleure accessibilité…Mais, de l’avis de tous, les progrès seront marginaux sur cet axe déjà performant auparavant. A Chaville, les commerçants ont grincé les dents, tandis que la mairie de Sèvres n’a pas voulu du couloir réservé. « Nous sommes déjà bien desservis par les transports en commun et la circulation est fluide en dehors des pointes, explique-t-on au cabinet du maire ,
François KOSCIUSKO-MORIZET (UMP). Oui, il faut améliorer la vitesse et la régularité des bus, mais sans martyriser les automobiles comme à Paris » Le scénario est différent à Vanves, où les projets Mobilien rejoignent les objectifs de la mairie. La large avenue qu’emprunte la ligne 126 (porte d’Orléans- Saint-Cloud) a un trafic intense. « Tout aménagement qui peut transformer cette autoroute en voie urbaine m’intéresse, dit le maire, Bernard GODUCHEAU (UDF). La population est demandeuse. » Une voie sera donc réservée au bus, lui permettant de gagner une minute vingt secondes pendant la traversée de la commune. Malakoff et Montrouge ont aussi joué le jeu…mais la voirie de la première est étroite et, dans la seconde, le projet interfère avec les travaux du prolongement de la ligne 4 du métro. Au final, les travaux s’étaleront sur trois ans, de 2004 à 2007 !

AVIS PARTAGES

Les avis sont donc partagés sir ma réalité du Mobilien. Au Conseil Général, l’adjoint au directeur des infrastructures de transport, Michel MIOLANE, insiste sur le caractère novateur riche et difficile du chantier. « Le PDU encourage un nouveau partage de la voirie, mais ce ne sont pas des projets grandioses. Les solutions de consensus, forcément ne peuvent pas satisfaire tout le monde », complète Philippe CHESSON à la RATP. Les associations défendant les transports collectifs ou l’environnement sont plus critiques. « Chaque seconde gagnée est précieuse », affirme Gil LEPARMENTIER, d’Issy Ecologie et Environnement 92, en répondant aux élus qui disent que « cela ne vaut pas le coup ». Il regrette l’absence de prise en compte des vélos. « Au départ, je pensais que le frein était la suppression de places de stationnement, indique de son côté Daniel MOURANCHE, de l’Association des usagers de transport. Mais le problème, c’est que les maires considèrent les transports et la voirie comme leur chasse gardée. Du coup, on a fait avancer les dossiers en faisant reculer les ambitions. » Ce dernier dénonce aussi le manque d’engagement du Conseil Général, alors présidé par Charles PASQUA. En janvier, Nicolas SARKOZY, son successeur, s’est engagé à ce que dans les cinq prochaines années soient remplies, non pas le tiers comme actuellement prévu, mais la moitié des objectifs dans ce domaine, à savoir 9 axes sur 18.

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ALLOTISSEMENT

Ce moyen de mise en concurrence consiste à découper un réseau de transports en plusieurs lots qui sont soumis à autant d’appels d’offres. Ce système fonctionne dans certaines agglomérations européennes et dans les transports routiers interurbains en France. Le GART a organisé fin mai à Paris un colloque sur cette solution et voudrait la promouvoir dans le transport urbain en France.

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D’après Hélène GIRAUD (Les Echos du Lundi 30 Mai 2005)

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