« Le chômage recule de 1 % en juillet, le taux à 9,9% | Page d'accueil | Agir pour la « croissance sociale » »

jeudi, 01 septembre 2005

Interview de Patrick Ollier « ISF : Je vais mettre la pression sur le gouvernement »

Patrick Ollier, président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale

Le patron de la commission économique de l’Assemblée repart au combat sur l’impôt de solidarité sur la grande fortune. « Les engagements devront être tenus » rappelle-t-il à Dominique de Villepin. Et, face à la crise du pétrole, il milite pour le développement à grande échelle de nouveaux carburants.
Vous repartez à l’offensive sur l’impôt de solidarité sur la fortune, pourquoi ?
 Patrick Ollier. A ma demande, le premier ministre a demandé à Bercy de faire une évaluation sur l’ISF et s’est engagé à gommer les injustices sur l’immobilier, ainsi que sur l’outil de travail. J’ai donc l’intention de mettre la pression sur le gouvernement pour l’accompagner dans la tenue de ses engagements.
Préconisez-vous d’inscrire une réforme de l’ISF dans le projet de budget 2006 actuellement en cours d’arbitrage ?
J’attends les décisions du gouvernement à l’issue des évaluations, même si elles ne figurent pas forcément dans le projet de loi de finances 2006. Peu importe le véhicule législatif, il y aura suffisamment de textes l’an prochain pour que l’on puisse faire passer une réforme de l’ISF. Je souhaite simplement, qu’à l’occasion du budget 2006, on puisse avoir la confirmation de l’engagement du gouvernement et la fixation d’un calendrier précis. Mais quoi qu’il arrive, les décisions devront impérativement intervenir au plus tard au 1er trimestre 2006. L’engagement doit être tenu, c’est une question de justice et pas du tout d’idéologie.
Ne craignez-vous pas de rallumer une querelle politiquement délicate pour la droite ?
Non ! Comme Jacques Chirac, je suis favorable à ce que la fortune fasse partie des éléments de la solidarité, mais je souhaite que l’on fasse la distinction entre les éléments de fortune et ceux de la vie familiale, en particulier le logement. Quelque 14 000 personnes supplémentaires se trouvent à l’ISF du simple fait du boom de l’immobilier en région parisienne et dans les grandes banlieues.


Et alors ?
Je trouve cela scandaleux et choquant car toutes ces personnes ne se sont pas enrichies ces dernières années, habitent toujours leur logement (qui a pris de la valeur) et font le même travail sans gagner plus d’argent. Il faut donc supprimer les aberrations et les stupidités du système qui jouent contre l’emploi, contre l’investissement et mettent des personnes dans des situations totalement injustes. Les Français sont assez intelligents pour comprendre qu’il ne s’agit pas d’idéologie, mais bien d’efficacité et de justice.
Que pensez-vous du débat sur la limitation de vitesse pour atténuer la flambée du pétrole ?
Une baisse de vitesse permet de consommer moins de carburant, mais en aucun cas de résoudre le problème du prix du pétrole, d’autant que le baril ne retombera pas à 30 Dollards. Compte tenu de la raréfaction et de la hausse de la consommation mondiale, il ne peut que se diriger vers 100 Dollards. Toute mesure conjoncturelle, y compris la réduction de vitesse ou une éventuelle baisse de la TIPP, se révélera insuffisante. Il faut donc des mesures stucturelles qui passeront, en matière de transport, par l’utilisation massive des biocarburants et des carburants gazeux et de synthèse, en attendant l’hydrogène.
Que faire pour développer ces nouveaux carburants ?
Dés la rentrée parlementaire, je réunirai à la commission des Affaires économiques l’ensemble des acteurs du secteur énergétique pour trouver des solutions concrètes. En premier lieu, cela passe, je le crois, par une TIPP à taux réduit pour ces nouveaux carburants. Le gaz fonctionne très bien en Italie, je ne vois pas pourquoi il ne marcherait pas en France. Même constat pour les biocarburants au brésil (25% d’éthanol). Il suffit de procéder à des petites adaptations sur les moteurs.
Où sont les blocages ?
Quand je vois certains constructeurs bloquer le développement de la filière éthanol en supprimant la garantie des véhicules en cas d’utilisation de ces carburants, je trouve cela scandaleux. On peut donc agir vite sur ce dossier. Enfin, il faut développer un véritable réseau de distribution : On doit pouvoir se ravitailler partout sur le territoire.

Le Parisien
Mercredi 31 août 2005

Les commentaires sont fermés.