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mardi, 15 novembre 2005

92 : Un locataire sur trois prêt à acheter son logement HLM

 

Suresnes, Le Plessis Robinson, etc.
Souhaitez-vous acheter votre appartement ? L’Office HLM des Hauts-de-Seine a posé la question à plus de 500 locataires de Suresnes et du Plessis-Robinson. Des locataires qui devaient envoyer leur réponse au plus tard aujourd’hui.
Verdict : un bilan en demi-teinte. Un peu plus d’un locataire sur trois a déjà répondu par l’affirmative à Suresnes. Mais la proportion est bien moins élevée au Plessis-Robinson, où se concentrent pourtant la majeure partie des logements à vendre. Décision a donc été prise de reporter le délai de réponse sur cette ville.
Les habitants concernés auront jusqu’à la fin du mois pour réfléchir. « Ils ont des questions à poser, ils attendent des précisions « , explique-t-on au conseil général, qui a programmé une réunion d’information à l’attention de ces hésitants.

« Il y en a que ça doit angoisser »

Pour Philippe Pémezec, maire UMP du Plessis-Robinson, cette hésitation est normale. « C’est un processus assez long, une expérimentation. Les gens viennent juste de recevoir les courriers (NDLR : début octobre). Passer du statut de locataire à celui de propriétaire, il y en a que ça doit angoisser. Mais je suis confiant », assure l’élu. Les questions que se posent les acheteurs potentiels concernent leur bout de jardin ou leur parking. Sont-ils compris dans le prix proposé ? Ou encore les aides et les prêts dont ils peuvent bénéficier. « La réunion d’information permettra de répondre à toutes ces questions et ça permettra aux gens de se décider », estime Philippe Pémezec, qui assure : « C’est une très bonne affaire vus les prix qu’on leur propose. »
A Suresnes, le dispositif a mieux fonctionné. Sur les 235 foyers sollicités au sein de la cité-jardin, 175 ont répondu, et 90 ont décidé de s’engager à acheter. Il est vrai que les locataires ont eu plus de temps (depuis cet été) pour se décider. Seul regret : les foyers les plus âgés n’ont pas donné suite.

4 000 appartements sur cinq ans

« Passé un certain âge, beaucoup de gens pensent qu’ils sont trop vieux pour s’endetter, analyse le maire (UMP), Christian Dupuy. Il y a pourtant un dispositif qui permet aux enfants d’acheter, et aux parents d’occuper l’appartement en viager. Et puis il y a aussi des aides. Il faudra que l’on communique mieux là-dessus. »
Une nécessité d’information d’autant plus importante que ces premiers 500 logements proposés à la vente au Plessis et à Suresnes préfigurent un plan plus vaste lancé par Nicolas Sarkozy dans le département. Il doit concerner 4 000 appartements sur les cinq prochaines années.
Pour les premiers aspirants propriétaires, la vente n’est pas pour autant conclue : ces derniers vont maintenant recevoir la visite du service des Domaines, chargé d’établir la valeur exacte des appartements. Car les locataires ne disposent aujourd’hui que d’une estimation, inférieure de 20% au prix du marché. Un chiffre qui peut encore varier de plus ou moins 15%, en fonction de la situation géographique de l’appartement, de son environnement, de ses atouts (balcon, garage…).


LES TEMOINS DU JOUR

« C’est notre seule chance d’être propriétaires ici »

DANIEL ET SYLVIE, du Plessis Robinson
Quand ils ont reçu l’estimation de la valeur du quatre-pièces qu’ils occupent avec leur fils square Grünenbaum, au Plessis, Daniel et Sylvie ont sauté sur leur machine à calculer : « 196 800 € pour
82 m2, c’est une aubaine, estime Daniel. Dans le privé, on aurait pu acheter à peine un deux-pièces. » Voilà quelques années, le couple avait prospecté pour acheter… avant de renoncer. « Les prix étaient déjà très conséquents, même dans l’ancien. Alors je m’étais dit que je resterais locataire… à moins de gagner au loto », plaisante Sylvie qui n’envisageait absolument pas de s’éloigner du Plessis pour pouvoir devenir propriétaire : « J’habite ici depuis quarante-cinq ans, j’ai ma famille à côté, et je suis attachée à ma ville. » « C’est vrai qu’on est bien installés : notre appartement est au sixième étage, on a une vue super, et puis le centre-ville est juste à côté. On fait tout à pied, c’est l’idéal », renchérit Daniel. Seule petite appréhension du couple : que le prix définitif de leur appartement dépasse la première estimation. « On verra si les banques suivront. En tout cas, on ira jusqu’au bout parce que c’est notre seule chance de devenir propriétaires ici. »

GAETÂNE BOSSAERT
Le parisien - 15-11-2005