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samedi, 31 décembre 2005
Justice et fermeté : pour la promotion de la mixité sociale
Si la carte scolaire, c’est-à-dire la délimitation par zone géographique de l’affectation dans les collèges, lycées puis facultés, pouvait se justifier lorsque la mixité géographique était de mise, elle ne constitue aujourd’hui qu’un renforcement des inégalités initiales. Dans la région Ile de France, trois académies sont en présence : Paris , Versailles et Créteil. Celles-ci n’ont pas les mêmes critères de répartition : ainsi si la carte scolaire est strictement définie pour Versailles et Créteil ; à Paris, la répartition se fait au sein de quatre districts (Nord, Sud, Est et Ouest).
Ne faudrait-il pas exiger une harmonisation des conditions d’affectation? Ne serait-il pas pertinent ou honnête de faire le bilan de la "sectorisation" parfois synonyme de ghettoïsation? Et si l'idée d’abolir la sectorisation de manière progressive était lancée? Tout d’abord, de l’abolir département par département ; puis, de l’abolir au sein de la région.
Il s’agit de permettre aux élèves de postuler pour le lycée de leur choix, en fonction de leurs capacités et de leur niveau et non en fonction de leur lieu d’habitation. Il s’agit donc de mettre en concurrence les élèves et les établissements ce qui constitue la route la plus optimale vers l’excellence. On ne peut à la fois vouloir une politique scolaire élitiste (et légitime) et en même temps ne pas donner à tous les mêmes moyens pour y parvenir.
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vendredi, 30 décembre 2005
La « culture n’est pas un bien commercial comme les autres »
Dans le débat parlementaire sur le droit d’auteur deux amendements ont été adoptés contredisant la directive européenne et qui sont la première pierre visant l’établissement d’une licence globale.
Cette licence globale signifie que les internautes qui le souhaitent paieront une somme ridicule, de un à deux euros par mois, pour télécharger autant de titres musicaux qu’ils le souhaitent.
A qui va t’on faire croire que cette mesure est viable et ambitieuse ?
Elle n’est tout d’abord pas viable économiquement : qui produira des disques en France s’ils se retrouvent sur internet et sont téléchargeables à des sommes ridicules ? D’après les premières estimations, il faudrait 40 MILLIONS d’internautes payant deux euros par mois uniquement pour couvrir les frais de production !
Elle n’est pas viable juridiquement : elle est contraire aux traités internationaux dont la France est partie ; elle s’oppose aux accords de l’OMC sur la propriété intellectuelle et au droit communautaire ; de plus, la licence globale abolit la propriété intellectuelle et la propriété est heureusement un droit constitutionnel !
Elle est surtout la meilleure fausse bonne idée du moment. Sous couvert de jeunisme et surtout, sous couvert de démagogie, certains députés, sans s’en rendre compte, mettent en danger la création française. Sur 200.000 titres disponibles chaque année chez les disquaires, 90% vendent moins de 50 disques… qui les produira ? C’est la mort des indépendants, de la création et de la découverte de nouveaux talents.
Ce que nous souhaitons, c’est que le téléchargement légal puisse se développer, que les titres téléchargés sur telle ou telle plateforme soient compatibles avec telle autre mais, jamais les jeunes ne souhaiteront abolir la création et les droits des artistes interprètes et producteurs !!!
La position de l’UMP est claire : aussi bien le gouvernement que le Président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, ont affirmé que les droits des artistes devaient être garantis ; n’oublions pas que la France, pays de l’exception culturelle, a inventé le droit d’auteur dont l’originalité est d’affirmer que les artistes ont un droit moral sur leurs œuvres, ce qui signifie que leur autorisation est nécessaire pour en permettre l’utilisation: de quel droit leur retirerions nous ?
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jeudi, 29 décembre 2005
Dette Publique de la France
La dette de la France reflète 25 ans de déficits publics consécutifs. C’est la tradition du fait que la France, pas et non les français individuellement, a vécu « au dessus de ses moyen ».
L’intérêt de la mission Pébereau est d’éclairer de manière trans-partisane, les Françaises et les Français sur ces réalités, de leur faire prendre conscience des enjeux mais aussi d’aider à montrer que des solutions existent.
I Réduire la dette publique est un véritable enjeu politique et démocratique pour la France.
a) La dette est désormais devenue excessive :
- Au sens de Masstricht, elle devrait atteindre environ 1 117 Md€ fin 2005 contre 92 Md€ en 1980 ! 66% de la richesse crée chaque année (PIB) contre 20% en 1980 !
- Par ailleurs, l’Etat a des engagements « implicites », notamment les engagements pour payer les retraites de ses fonctionnaires. Ils sont connus. Leur estimation peut cependant varier selon les conventions retenues. La commission Pébereau valide un ordre de grandeur compris entre 450 et 900 Md€.
b) Se désendetter n’est pas un choix comptable : c’est se redonner des marges de manœuvre politique pour mieux préparer l’avenir et préserver la cohésion sociale.
- La dette, c’est aujourd’hui une contrainte budgétaire forte : le seul paiement des intérêts de la dette de l’ensemble des administrations publiques, soit environ 45 milliard d’euros, constitue le deuxième poste du budget de l’Etat derrière l’enseignement. Il engloutit chaque année pratiquement le produit de l’impôt sur le revenu.
- Sans ces charges, qui représentent près de 3% du PIB, les comptes publics français seraient presque à l’équilibre l’an prochain !
- Elles créent évidemment des effets d’éviction des « bonnes » dépenses ! Elles privent l’économie des marges de manœuvre pour l’avenir, notamment inciter à l’investissement et à la R&D ou encore pour combattre le chômage.
c) Se désendetter, c’est arrêter de vivre à crédit sur les générations futures. C’est ainsi un choix démocratique.
- La dette est surtout une charge sur les générations futures : une partie de la solidarité entre générations a été cassée ;
- Les générations actives à venir, malheureusement moins nombreuses à cause du vieillissement démographique, devront tout à la fois payer les retraites des actifs d’aujourd’hui, assurer le fonctionnement de la collectivité de demain et rembourser le dette considérable accumulée hier.
II La simple observation des faits montre que les gouvernements de gauche ont une double responsabilité spécifique dans le phénomène de l’endettement de la Nation
- La Gauche a pris des décisions qui ont eu des conséquences massives sur la constitution de la dette actuelle ;
- Le Gouvernement Jospin, à la différence du reste de l’Europe, a laissé passer une opportunité exceptionnelle de désendetter la France entre 1997 et 2002 ;
a) La dette reflète pour une large part des choix politiques, pour l’essentiel faits sous des gouvernements de gauche, à contresens des grandes tendances économiques.
- La dette publique est une vraie « coupe géologique » qui révèle les conséquences financières très pénalisantes de certains grands choix de politique économique des gouvernements de gauche pendant les 25 dernières années.
- Toute mesure à contresens des tendances lourdes de notre économie ou de l’économie ou de l’économe mondiale pénalise toujours in fine notre croissance, nos finances et se retrouve quelque part dans la dette
- Les recrutements massifs de fonctionnaires (plus de 300 000 recrutements entre 1981 et 2002), l’abaissement de l’âge légal de la retraite à 60 ans et les 35H sont à elles seules trois mesures qui expliquent plus de 400 Mds d’euros dans la dette actuelle ;
b) Le gouvernement de lionel JOSPIN n’a pas mis à profit une chance historique de désendetter la Nation entre 1997 et 2002
- Entre 1997 et 2002, la France a connu une période de croissance exceptionnelle en zone euro (en moyenne 3 entre 2% par an, soit 5 et 3 % par an soit 155% en cumulé sur 56 ans. Ceci a généré des recettes fiscales exceptionnellement bonnes qui auraient du permettre de désendetter le pays (cfcf.épisode de la « cagnotte »)
- Malgré cette manne sans équivalent dans les 30 dernières années, le gouvernement de Lionel JOSPIN a accumulé 160 Md€ de dette supplémentaire et notre endettement par rapport au PIB s’est à peine stabilisé.
- Cette erreur est particulièrement démontrée par la comparaison avec nos voisins ; dans le même temps, presque tous les pays européens ont eu tendance à réduire fortement leur endettement ,de 10 à 20% pour des pays comme la Grande Bretagne, les Pays Bas, ou l’Espagne.
III L’actuelle majorité Gouvernement actuel a hérité de cette situation préoccupante en 2002 et a commencé à obtenir des résultas concrets
a) A sa prise de fonction mi 2002, l’actuelle majorité a trouvé une « bombe à retardement » de 30 500 Mds d’euros léguée par le Gouvernement Jospin.
- Comme on n’arrête pas en 100 mètres un train qui roule à 200 Km/heure, l’actuelle majorité a reçu en 2002 une dette de plus de l’ordre de 3900 Mds euros qui générait déjà près de 45 Mds d’intérêt par an (soit plus de 200 Mds d’euros sur le quinquennat.)
- A cela, les finances publiques ont dû également intégrer l’impact du coût explosif des 35 heures obligatoires qui venaient d’être adoptées. Ceci représente prélus de 10500 Mds d’euros de dette supplémentaires sur 2002-2007
- Ainsi du fait des choix du Gouvernement de Lionel Jospin, l’augmentation de la dette pendant cette période d’environ 30500 Mds d’euros supplémentaires était inéluctable pratique acquise dès le premier jour alors même que la dépense de l’Etat été continûment stabilisée au niveau de l’inflation.
b) Depuis 2002, le Gouvernement a cependant remis la France dans la bonne direction :
L’action du Gouvernement a permis de remettre la voiture France dans la bonne direction avec un vrai souci de justice sociale sans laisser personne au bord du chemin :
- Pour la première fois en 2006, la progression de la dette dans le PIB est sera enfin stabilisée à 66% : C’est notamment le résultat d’une maîtrise très solide des dépenses de l’Etat (4 années de suite en « zéro volume », une première sans équivalent dans l’histoire budgétaire).
- Il a fallu corriger les plus graves contre-sens du passé qui pèsent sur notre dette : les 35 heures ont du être assouplies pour permettre à ceux qui le souhaitent de travailler plus pour gagner plus ; la réforme des retraites a très significativement consolidé le système de retraite par répartition auquel tous les Français sont particulièrement attachés (réduction des engagements de retraite des fonctionnaires de l’Etat de 40 % par exemple) ; la réforme de l’Etat a été enclenchée (-3018 000 emplois en parallèle du « 0 volume » sur les dépenses de l’Etat entre 2002-2006)
- Ensuite, il a fallu mettre en œuvre les autres réformes de structure vitales pour les finances publiques et pourtant si longtemps repoussées : c’est le cas de la réforme assurance maladie qui permet dès cette année un très net ralentissement des dépenses de santé et une réduction du déficit de l’assurance maladie).
c) Sur ces fondements assainis, depuis 6 mois le Gouvernement a jeté les bases d’une stratégie de désendettement qui repose sur 3 piliers :
- D’abord la croissance et l’emploi : c’est le surplus de recettes fiscales et sociale produit par la croissance qui doit contribuer au désendettement et non les hausses d’impôts qui entravent la compétitivité, la croissance et finalement l’emploi. Le retour de la croissance (+0,7% au 3ème trimestre) et le recul du chômage (130 000 demandeurs d’emplois en moins depuis 7 mois) vont dans ce sens ;
- Ensuite la maîtrise de la dépense publique, c’est-à-dire la maîtrise de la dépense de tous acteurs publics.
Il y a aujourd’hui en France un large consensus sur cette nécessité. Un sondage BVA publié le 16 décembre dernier, montre que les trois-quarts des Françaises et des Français pensent que diminuer les dépenses publiques est la priorité si l’on veut réduire la dette :
Source BVA 14/12/2005 Sympathisants
TOTAL De Droite UDF De Gauche
Diminuer les dépenses publiques 73% 74% 71% 72%
Accélérer les privatisations 12% 15% 14% 8%
Augmenter les impôts 9% 7% 13% 12%
On voit que la réponse avancée par le Parti Socialiste au problème de la dette, à savoir augmenter à nouveau les impôts en revenant sur les réformes fiscales décidées par l’actuelle majorité en faveur très largement des classes moyennes, est très majoritairement rejetée par l’opinion dans son ensemble.
L’accélération de la croissance et un renforcement de la maîtrise des dépenses publiques sont donc les seules voies. En la matière, l’Etat montre l’exemple :
* en se donnant des règles : en 2005, pour la 3ème année consécutive, l’Etat n’aura pas dépensé 1 euro de plus que le montant autorisé par le Parlement. Cet effort de maîtrise de la dépense de l’Etat sera poursuivi et amplifié en 2006, sas remettre en cause la qualité des services publics. Le PLF 2006 prévoit ainsi que, pour la 4ème année consécutive, le « pouvoir de dépense » de l’Etat sera stabilisé, c’est-à-dire que les dépenses budgétaires ne progresseront pas plus vite que l’inflation.
* en se donnant des outils : la LOLF entre en vigueur au 1er janvier 2006 : l’année prochaine verra chacun des indicateurs de performance de l’Etat mesuré et des gisements d’économies potentielles identifiés. Pour cela, 17 audits de l’Etat ont été lancés cet automne dans les différents Ministères, et une nouvelle vague est programmée pour le début 2006 dans les différents Ministères. Les rapports d’audits seront intégralement publics.
- enfin, la cession d’actif non stratégiques de l’Etat : les ventes des concessions autoroutières en sont une illustration ; l’immobilier de l’Etat est aussi un enjeu décisif.
IV Le moment est venu d’aller plus loin : le plan d’action 2006 est déjà décidé.
a) Un objectif ambitieux mais réalisable : revenir à l’équilibre en 5 ans pour refaire passer la dette sous la barre des 60% de la richesse créée
- C’est possible, à la condition d’accentuer l’effort de maîtrise de la dépense publique engagé depuis 2002, en visant notamment à stabiliser la dépense de l’Etat en valeur (l’Etat ne dépenserait pas 1 euro de plus que l’année précédente), ce qui veut dire offrir un meilleur service au public au même coût ;
- Cet objectif, conforme aux exigences du pacte européen de stabilité et de croissance, peut être atteint dès la fin de la décennie et au plus tard fin 2012. Avec une croissance moyenne annuelle de 3% par exemple, et sous les hypothèses précédentes de maîtrise de la dépense, le solde des comptes publics retrouverait l’équilibre dès 2009 (en 2010 avec 2,25% et en 2012 avec 1,5).
- Le premier Ministre s’engagera devant le Parlement en juin 2006 sur des objectifs chiffrés, notamment en vue du Budget 2007.
b) Une conférence nationale des Finances publiques réunissant tous les acteurs publics
Le Premier Ministre présidera cette conférence en janvier : elle rassemblera des représentants de l’Etat, des organismes sociaux et des collectivités locales, car la maîtrise des comptes publics est l’affaire de tous les acteurs publics. Une bonne gouvernance de l’ensemble des comptes publics exige la mobilisation de l’ensemble des acteurs publics, qui doivent pouvoir se tenir à quelques règles de comportement budgétaires simples, transparentes et vertueuses.
*
Briser la spirale de l’endettement, ce n’est pas faire preuve de rigueur mais de vertu. Il faut se donner les moyens d’un comportement vertueux : c’est la condition pour que la France puisse enclencher une nouvelle dynamique, pour la croissance de l’emploi.
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dimanche, 25 décembre 2005
Nicolas SARKOZY podcasté sur le blog de Loïc LE MEUR
Pour la première fois, un homme politique est podcasté* sur le net. Nicolas SARKOZY répond pendant 20 mn aux questions de Loïc LE MEUR, "pape" de la blogosphère française, sur son blog http://www.loiclemeur.com/france.
Il évoque notamment l’Internet et les blogs, les jeunes et la politique, les sujets d’actualité (droits d'auteur, banlieues, élection présidentielle…) et a formulé ses vœux aux Français et aux blogueurs pour 2006.
A l’origine du développement du blog en France, Loïc LE MEUR est cité par plus d’un million de pages web. Son blog est fréquenté par 100 000 visiteurs uniques par mois, avec près de 15 000 commentaires. Selon Médiamétrie, les blogs sont lus par environ 7 millions de Français.
Les blogs vidéo (ou vlogs) se multiplient à grande vitesse étant donné la généralisation de l'Internet à haut débit et la démocratisation des caméras vidéo, téléphones et appareils photo permettant de capter des séquences animées.
Le phénomène a vraiment démarré en 2004 aux Etats-Unis. Il a pris de l'expansion avec la mise en ligne d'innombrables mini films amateurs après les catastrophes du tsunami du 26 décembre 2004 ou du cyclone Katrina. Un coup d'accélérateur a été donné avec la sortie en octobre des iPod vidéo. Aujourd'hui les "vloggers" ne se limitent pas aux événements dramatiques mais à tous les sujets d'actualité.
*Podcasté : le terme est né d'une agrégation des mots iPod et Broadcasting et permet aux internautes de télécharger automatiquement l’interview en vidéo sur leurs baladeurs numériques. En France on préférera peut-être son équivalent québécois : baladodiffusion !
Et Joyeux NOËL
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samedi, 24 décembre 2005
Sarkozy confie à Arno Klarsfeld une mission sur loi et Histoire
PARIS (AFP) - Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy a chargé l'avocat Arno Klarsfeld de mener un "travail approfondi sur la loi, l'Histoire et le devoir de mémoire", après la polémique autour de la loi du 23 avril 2005 mentionnant le "rôle positif" de la colonisation, rapporte vendredi Libération.
Dans sa lettre de mission, M. Sarkozy confie à cet "avocat de la mémoire et de la vérité" la tâche de se prononcer sur la loi de 2005, et de réfléchir aux différentes lois - comme celles sur le négationnisme et le génocide arménien - dont des historiens demandent l'abrogation au nom de la "liberté" de leur travail.
La mission confiée à M. Klarsfeld vise à "accompagner la réflexion" du président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré, à qui Jacques Chirac a demandé d'évaluer "l'action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l'Histoire", explique le président de l'UMP.
Dans sa lettre citée par Libération, M. Sarkozy souhaite que cette mission permette de trancher un débat "malheureusement pas toujours exempt d'arrière-pensées polémiques".
Arno Klarsfeld représentait lors du procès de Maurice Papon l'association des Fils et filles des déportés juifs de France, que préside son père Serge Klarsfeld et qui était partie civile.
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vendredi, 23 décembre 2005
Interview de SARKOZY dans Libération
Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et président de l'UMP :
«Je connais mieux ce qui se passe en banlieue que Thuram»
Par Thomas LEBEGUE et Dominique SIMONNOT et Patricia TOURANCHEAU
vendredi 23 décembre 2005
Au terme d'une année mouvementée qui le voit caricaturé en Le Pen sur les murs de Paris, Nicolas Sarkozy s'explique dans Libération. Entretien musclé.
Que pensez-vous de l'affiche d'Act Up sur les murs de Paris qui reproduit une photo de vous avec le slogan «Votez Le Pen» ?
Cette affiche est directement inspirée des méthodes du Front national. Cela porte un nom : l'amalgame. On ne dénonce pas l'extrémisme en étant soi-même extrémiste et en cédant à la pratique systématique de l'amalgame. Voilà ce que je dis aux dirigeants d'Act Up.
Donc l'extrémiste, c'est vous ?
Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. Je ne pense pas que l'on ait le droit de s'opposer avec des méthodes pareilles. Pour ma part, je ne me mets pas dans le camp des extrêmes. Jamais personne ne m'y a mis, d'ailleurs.
Est-ce que vous n'avez pas parfois honte de votre manière de réagir aux événements sans aucun recul, et parfois sans beaucoup de réflexion ?
Est-ce une question ou une déclaration militante ? Venant d'un journal dont le manque de recul est une caractéristique, je pourrais prendre votre question comme un hommage ! Pour le reste, je suis un républicain scrupuleux, sans doute moins sectaire que vous.
Vous êtes ministre, pas journaliste...
Le fait d'être ministre ne vous disqualifie pas en tant qu'être humain. Comment pouvez-vous dire une chose aussi outrancière ? Alors que j'ai été le ministre de l'Intérieur qui a connu vingt-cinq nuits d'émeutes et que, à la différence de tous les pays qui ont connu ça, il n'y a eu ni morts ni blessés graves. Et que tout le monde, y compris votre journal, a noté la maîtrise des forces de l'ordre. Je ne crois pas qu'on puisse croire que les forces de l'ordre aient pu être maîtrisées par un ministre qui ne serait pas maître de lui-même. Il y aurait contradiction. Depuis quatre ans, j'ai porté des débats qui, dans nombre de cas, étaient en opposition frontale avec les thèses du Front national. Le FN, par exemple, se bat sur le thème de l'immigration zéro. Je n'ai jamais défendu cette thèse. J'ai défendu les quotas d'immigrés, c'est-à-dire une immigration positive. Je suis l'homme politique en France qui s'est le plus battu pour la discrimination positive. C'est une idée nouvelle qui est exactement le contraire de l'idéologie véhiculée non seulement par l'extrême droite, mais aussi par une partie de la droite. Troisièmement, j'ai écrit dès 2001, dans mon livre Libre, que j'étais favorable au vote des étrangers aux municipales. Je ne crois pas que Jean-Marie Le Pen soit d'accord pour donner le droit de vote aux immigrés. Quatrième élément : j'ai été celui qui a porté la question de l'islam en France. J'ai dit que l'islam était une grande religion de France, qu'elle devait être représentée dans le cadre des institutions de la République, et que, si les musulmans pratiquants n'étaient pas au-dessus des lois, ils n'étaient pas non plus au-dessous. J'ai d'ailleurs été attaqué violemment sur ce sujet par Villiers et Le Pen. Cinquième élément: je suis le ministre de l'Intérieur qui a fait voter la suppression de la double peine à l'unanimité. Sixième élément : pour les lycéens dont les parents n'ont pas de papiers, j'ai pris la décision lourde d'arrêter les expulsions durant l'année scolaire ; sur toutes ces questions, j'ai exprimé un diagnostic et une vision de notre société. Et vous osez dire que je devrais avoir honte ? C'est vous qui devriez avoir honte de poser une question aussi contraire à l'objectivité la plus élémentaire.
Tout cela, personne ne vous le conteste. Mais quand vous parlez de «racaille» en vous rendant à Argenteuil, n'est-ce pas une réaction qui manque de recul ?
L'émission Arrêt sur images de Daniel Schneidermann a démontré les choses. Quand j'arrive à Argenteuil, c'est une personne qui me dit depuis le premier étage, une personne maghrébine par ailleurs : «M. Sarkozy, débarrassez-nous de ces racailles, on n'en peut plus, on a peur.» Et je réponds : «Oui, madame, faites-moi confiance, on va vous débarrasser de ces racailles», visant les gens qui lançaient des tessons de bouteille et autres projectiles. Je ne vois rien qui soit si peu que ce soit antirépublicain dans ce que j'ai fait durant ces trois semaines de violences, ni durant mes trente ans de vie politique.
Vous parlez de la pratique de l'amalgame par les extrêmes. Justement, beaucoup de gens ont eu l'impression que la réponse du gouvernement à la crise des banlieues s'est faite sur la stigmatisation des étrangers. Durcissement des règles du regroupement familial, des mariages mixtes, du droit d'asile, dénonciation de la polygamie.
Cela ne relève-t-il pas aussi de l'amalgame ?
Ce dont vous parlez, ce sont des déclarations qui, en ce qui me concerne, ont été faites bien avant les événements de banlieue. En aucun cas après. Je n'ai par ailleurs jamais parlé de la polygamie dans le cadre de ces événements. Je ne suis pas de ceux qui font le moindre amalgame entre les étrangers et les émeutes. Sur la question de l'expulsion des étrangers pris en flagrant délit de violences urbaines, ce n'est pas moi qui ai inventé la loi qui le permet. Et mon devoir c'est d'appliquer la loi.
Sur l'expulsion des étrangers, justement, est-ce que vous ne remettez pas en selle la double peine ?
Au contraire. J'ai fait voter la suppression de la double peine : 700 étrangers y ont échappé depuis. En l'occurrence, ce ne serait pas la double peine, mais ce serait la peine unique ! Soyons précis. Mais pourquoi ai-je évoqué à l'Assemblée nationale ma volonté d'appliquer la loi ? C'était pour mettre en garde les ressortissants étrangers contre une participation aux émeutes.
Sachant que très peu d'étrangers sont finalement concernés par cette menace, sur des centaines de personnes ayant participé à ces violences, n'est-ce pas une pratique de l'amalgame ?
Quand j'ai dit que je demanderais l'expulsion des imams qui font des prêches violents depuis le 1er janvier, on en a expulsé 21 ou 22 , cela ne veut pas dire que tous les imams font des prêches violents. De la même façon que le mot «racaille» ne visait pas tous les habitants de banlieue, mais seulement les voyous. Quand on a fait des sondages pour voir comment les habitants des banlieues avaient perçu ma manière de gérer la crise, ils pensaient exactement la même chose que moi. On a le droit de dire que la polygamie est interdite en France sans stigmatiser les étrangers. Votre comportement est un comportement d'ayatollah. Je parle de cette pensée unique qui conduit un certain nombre de gens à l'exaspération. Mais le débat, ce n'est pas cela. Vous, vous pouvez vous complaire dans des alliances avec le Parti communiste, avec l'extrême gauche, donner la parole à tous les extrémistes de la création. Ça, c'est bien, puisque c'est la pensée unique ! On ne peut plus rien dire dans notre pays sans qu'immédiatement on soit accusé d'arrière-pensées nauséabondes ! C'est la pensée unique qui est intolérable. Et je pense que c'est vous qui êtes coupés des réalités et de l'aspiration des gens. En interdisant aux républicains de parler librement, vous faites en vérité le lit du Front national.
On ne vous interdit pas de parler, vous avez sans arrêt la parole...
Vous êtes sectaires ! C'est d'ailleurs une partie de vos problèmes que ce décalage total entre le côté systématique de votre pensée et l'aspiration du plus grand nombre. Si j'ai des bons sondages, si les gens se reconnaissent dans la façon dont j'ai géré les banlieues, ce serait donc parce que le peuple est stupide ? Vous, vous avez toujours raison et c'est le peuple qui se trompe ? C'est formidable : ou bien les Français ne me suivent pas, et dans ce cas-là j'ai tort, ou bien ils me suivent, et dans ce cas-là ce sont les Français qui ont tort. Mais vous, vous avez toujours raison. C'est exceptionnel ! Vous ne doutez donc jamais ?
Et ne faites-vous pas un amalgame quand vous annoncez, dès le début des événements en banlieue, qu'il s'agit de bandes qui manipulent, alors que par la suite le rapport des RG va dire le contraire ?
Je confirme les chiffres : 70 % des gens qui ont été arrêtés avaient un passé délictuel. La preuve : comment voulez-vous qu'il y ait eu 800 condamnations à de la prison ferme s'il s'était agi de primodélinquants ? Les deux tiers des émeutiers étaient des multiréitérants (connus de la police, ndlr). La preuve, c'est qu'on ne va pas en prison quand on incendie une voiture pour la première fois ou qu'on jette des pierres sur les forces de l'ordre.
Les chiffres de la justice disent le contraire...
Les deux tiers des personnes interpellées étaient connues des services de police. Ce n'est pas parce qu'une personne n'est pas condamnée qu'elle n'a pas commis d'infraction.
Le Pen vous décerne des brevets de bonne pratique, et Lilian Thuram déclare : «Le discours de Sarkozy est dangereux, car il réveille le racisme latent qui sommeille chez les gens.» Cela ne vous trouble pas ?
Arrêtez de citer Le Pen comme référence unique. Et vous, vous n'êtes pas troublés d'avoir dénoncé pendant vingt-cinq ans une réalité que vous n'avez cessé d'exalter et d'exciter ?
Vous parlez de Lilian Thuram ?
Non, de vous, Libération ! Quant à Thuram, je le plains de pouvoir être si caricatural. C'est un grand footballeur, ce n'est pas encore un maître à penser... Est-ce que vous n'êtes pas troublés que ces véhémentes dénonciations du FN n'ont abouti qu'à une seule chose : à enfler le phénomène du FN ? Est-ce que vous n'êtes pas troublés que la pensée unique dont vous êtes vous, comme d'autres, les porteurs, n'a conduit qu'à pousser à la désespérance un certain nombre de gens qui n'ont rien à voir avec le FN ? Est-ce que vous expliquez comment l'extrême droite a pu passer de 3 % au début des années 80 à 25 % sous François Mitterrand ? Est-ce que vous ne pensez pas qu'il convient que, les uns et les autres, on se remette en question dans notre façon de parler, de faire de la politique et de répondre aux angoisses des gens ? Ces questions, est-ce que vous ne vous les posez pas ? Est-ce que vous ne pensez pas, vous, qui perdez des lecteurs, qu'il y a un décalage entre la réalité et ce que vous écrivez ? Car qui sont les électeurs du FN ? Il y a sans doute une petite partie d'authentiques fascistes ou racistes, mais l'immense majorité, ce sont des gens qui poussent un cri d'appel au secours. Ils ont peur, ils se sentent abandonnés. Parce que nous, journalistes et politiques, nous leur donnons le sentiment de ne pas parler pour eux. Le fait que je sois entendu de tous ces gens devrait plutôt vous réjouir. On n'a pas le droit de considérer que les 20 % de gens qui ont voté pour Le Pen sont à tout jamais perdus pour la République.
Donc, vous pensez être un rempart essentiel contre la montée du FN ?
Exactement. Quant à monsieur Thuram, s'il pensait que j'étais si proche du FN, il ne serait pas venu discuter avec moi pendant une heure.
A sa sortie, il a quand même déclaré que votre discours réveillait le racisme latent qui sommeille chez les gens.
Monsieur Thuram, ça fait bien longtemps qu'il n'a pas été dans les banlieues. Il vit en Italie, avec un salaire qui le regarde. Permettez-moi de vous dire que je considère que je connais un peu mieux ce qui se passe dans les banlieues françaises que Lilian Thuram, qui a certainement une vision nostalgique de ce qui se passait dans les banlieues à l'époque où il s'y trouvait.
Vous dites la même chose de Jamel Debbouze ou de Joey Starr, ces stars issues de l'immigration qui invitent aujourd'hui les jeunes à voter en 2007 ?
Je ne peux que me réjouir qu'ils appellent les jeunes à voter, car voter c'est participer à la vie de notre pays. Je suis moi-même allé plus de 40 fois dans les quartiers difficiles en tant que ministre de l'Intérieur, justement pour faire en sorte que ces quartiers soient mieux intégrés à la vie de notre pays. Mais je ne reconnais aucun titre à Joey Starr, compte tenu de son passé, ni à Jamel Debbouze de me donner des leçons de droits de l'homme ou de respect des autres. Nous pouvons comparer nos bilans.
Vous pouvez donc nous annoncer que le score de Le Pen sera en très nette baisse en 2007 ?
Je ne sais pas, je ne lis pas dans le marc de café. Ce que je peux dire, c'est que, sur les dix élections législatives partielles et les quelque 200 cantonales partielles, le FN a perdu en moyenne entre 30 et 40 % de ses suffrages.
Que répondez-vous à l'évêque d'Arras qui se plaint des poursuites contre les associations qui aident les migrants à Sangatte ?
Ecoutez, dans le Calaisis, il y avait 3 000 personnes dans un hangar. Peu de ministres sont allés autant que moi dans le Calaisis. On ne peut pas dire que je ne m'en suis pas occupé. J'ai fermé Sangatte, j'ai divisé par dix le nombre de migrants, j'ai multiplié par deux le nombre de places dans les centres d'hébergement. N'oubliez pas que les migrants du Calaisis ne souhaitent pas rester chez nous. Ils ne demandent pas l'asile. Ils veulent aller au Royaume-Uni. C'est vrai que j'ai aussi augmenté le nombre de places de rétention pour les reconduire dans leur pays.
Quelle horreur ! Et que pensez-vous des déclarations du commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe, à propos du dépôt des étrangers de Paris : «De ma vie, sauf peut-être en Moldavie, je n'ai vu un centre pire que celui-là» ?
Je l'ai reçu.
Mais qu'avez-vous fait pour le centre ?
Des travaux de construction d'un nouveau centre sont engagés. L'actuel sera fermé avant l'été.
Vous n'avez pas sanctionné les propos homophobes du député UMP Christian Vanneste. Est-ce une position tolérée au sein de votre parti ?
Ces propos, je les ai dénoncés fermement en conférence de presse. J'ai trente ans de vie politique derrière moi. On ne peut me reprocher aucune déclaration qui ne soit pas conforme aux valeurs de la République. C'est moi le premier qui ai regretté l'attitude de la droite face au Pacs et qui ai fait voter un statut fiscal pour les pacsés.
Mais ce député, comme un autre qui a proposé de déchoir les émeutiers de leur nationalité, reste dans votre parti...
Oui, bien sûr, et alors ? A l'UMP, c'est comme à Libération, il n'y a pas de ligne obligatoire.
Donc, il n'y a pas de ligne à l'UMP ?
Il y a une ligne à l'UMP pour les principaux sujets. Pour le reste, je peux défendre le droit de vote pour les immigrés sans être majoritaire. C'est même ce que Libération avait retenu en titrant : «Sarkozy giflé par les siens».
Vous n'êtes toujours pas favorable à ce qu'on revienne sur la loi qui demande aux manuels scolaires de reconnaître le «rôle positif» de la colonisation ?
Je suis favorable à ce qu'on trouve une solution pour sortir de cette crise, car l'émotion créée dans les départements d'outre-mer est réelle. Je ne suis pas pour autant favorable à un exercice de repentance systématique. Je crois qu'il faut expliquer que l'article 4 ne s'adressait pas aux départements d'outre-mer, au sens où on les entend aujourd'hui, mais s'adressait à la France d'outre-mer (l'ensemble de l'ancien empire colonial, ndlr). Une nouvelle rédaction pourrait lever les malentendus sur ce point. Nous pouvons par ailleurs être fiers qu'en 2001 l'Assemblée nationale ait qualifié l'esclavage de crime contre l'humanité. Quant à la date de commémoration de l'abolition de l'esclavage, j'ai eu l'occasion d'évoquer celle du 10 mai. D'autres pensent que celle du 23 mai pourrait aussi être envisagée. Le débat est ouvert. Je suis attentif et prêt à me rallier à la date qui fera le plus consensus.
Vous ne craignez pas d'avoir les jeunes contre vous en 2007 ?
Les jeunes ont deux aspirations : trouver un travail et réussir leur vie. Ils veulent que la France change à l'unisson du monde qui bouge. Je veux porter une énergie nouvelle au service de ce changement. Nombreux sont les jeunes qui l'ont compris et nous rejoignent. Si j'en juge par l'accueil qu'ils ont réservé aux stars du show biz, ils ne sont pas décidés à être récupérés. Ils veulent qu'on les respecte. C'est très exactement ce que je veux faire.
Vous pensez comme Eric Raoult que Clichy-sous-Bois «fait honte à notre pays» ?
Non.
Votre image s'est droitisée alors qu'un candidat à la présidentielle doit rassembler. Cela vous rend pessimiste pour la suite ?
Je ne vois ni dérive, ni droitisation, mais des Français de droite comme de gauche qui veulent que les valeurs du travail, du respect, de l'autorité, de la justice et de l'humanité soient davantage mises en avant. Ce sont les valeurs que je défends. Elles sont celles de tous les Français.
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Taguieff : « Les stars se comportent comme les stalino-trotskistes de jadis »
Philosophe et politologue, directeur de recherche au CNRS, Pierre-André Taguieff décrit le processus qui conduit à « vouer à la vindicte publique quelques ennemis imaginaires »
LE FIGARO – Quel regard portez-vous sur la mise en cause de Nicolas Sarkozy par des stars et des humoristes ?
Pierre-André TAGUIEFF. C’est l’évolution plus large du débat sur la scène française qui permet de prendre la mesure de ce phénomène. En son temps, Guy Debord qualifiait de « stalinos-trotskistes » les militants révolutionnaires acharnés à délégitimer toute position politique un tant soit peu éloignée de leur vulgate gauchiste. En présentant le ministre de l’Intérieur comme l’emblème d’un nouvel esprit de réaction, certaines « stars » se comportent désormais comme les « stalino-trotskistes » de jadis. Ces détracteurs télégéniques s’indignent du mot « racaille » ou s’attardent pesamment sur l’expression « Kärcher ». Ces amuseurs jouent aux gardiens de l’orthodoxie néo-gauchiste. Ils ont les rieurs de leur côté. Or, à aucun moment, il ne s’agit de soumettre les propositions, les déclarations ou les actes de ce dirigeant politique à un examen critique rigoureux de leurs avantages comme de leurs effets pervers. L’objet de ce nouveau « code culturel » n’est pas d’argumenter, mais de vouer à la vindicte publique quelques ennemis imaginaires, tantôt en les ridiculisant, tantôt en les diabolisant.
Comment est né ce « code culturel » ?
En fait, un des enjeux principaux de cette vulgate antisarkozyste est la construction d’un nouveau personnage-repoussoir de droite. Jean-Marie Le Pen occupe le poste « extrême-droite », Philippe de Villiers le poste « droite extrême ». Seul restait libre d’accès le poste « nouveau réactionnaire ». La transposition française infamante « néo-cons » n’ayant pas réussi, les dénonciateurs doivent désormais se contenter du qualificatif de « néo-réacs ». Mais qu’importe… La montée de la popularité du ministre de l’Intérieur dans le contexte des émeutes du mois dernier inquiétait la gauche. Il devenait très urgent d’inventer une riposte, une parade !
Quelles sont les composantes idéologiques de cette riposte ?
Jusque-là, Sarkozy était stigmatisé par la bien-pensance en tant que « populiste », manière de l’assimiler confusément à Le Pen. C’était oublier l’essentiel, à savoir que le « populisme « de Sarkozy s’inscrivait dans la noble tradition républicaine – et gaulliste – de l’appel au peuple, par-delà le clivage fonctionnel droite/gauche. Pour les stratèges culturels d’une gauche sur la défensive, l’occasion s’est présentée, il y a un mois, de ramener à une cause unique, d’une part la « dégauchisation » du monde intellectuel, et, d’autre part, l’irruption d’un nouveau leader politique né à droite mais désormais présidentiable sérieux, capable de mordre sur l’électorat de la gauche en mobilisant des Français de sensibilités politiques très diverses en faveur de l’ordre, de l’autorité et du « changement », ce mot fétiche de tous les progressistes. Face aux intellectuels qualifiés par Daniel Lindenberg de « nouveaux réactionnaires », le cliché stigmatisant n’a pas tardé à fuser : « Ils roulent pour Sarko ! » Et, à la fin novembre 2005, la chimère de la menace néo-réac a pris corps, avec un Sarkozy érigé en chef de tribu et un Finkielkraut imaginé en conseiller du chef !
Propos recueillis par ALEXIS LACROIX - Le FIGARO - 22/12/2005
11:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Reductio ad sarkozum
Résumons : quand la droite passe un accord avec l'extrême droite, elle se fourvoie, lorsqu'elle lui prend ses électeurs elle déchoit. Dans le particulier (le cas Sarkozy) comme dans le général (les attentes des Français), il s'agit d'interdire en la diabolisant une politique qui n'a pas l'heur de plaire à une minorité plutôt privilégiée. Certes, nul n'est obligé d'avoir des idées de droite ni d'aimer Nicolas Sarkozy (d'autant que l'hostilité du Tout-Hollywood envers George Bush n'a pas empêché sa réélection), mais on est en droit de souligner l'hypocrisie de ceux qui, drapés dans les plis d'une morale très commerciale, utilisent leur influence sur une partie de la jeunesse pour gauchir les mécanismes de la démocratie.
L'éditorial par Alexis Brézet
09:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 22 décembre 2005
« La carte orange à 50 euros pour tous »
Proposition de tarification unique de la Carte orange, amendement surprise voté à l’Assemblée… :
Yves Jégo, Député-Maire (UMP) de Montereau (Seine et Marne)
Vous allez déposer une proposition de loi pour une tarification unique de la Carte orange à 50 €. Pourquoi ?
Parce ce que nous sommes face à une véritable injustice : les habitants les plus éloignés de Paris, et qui ont les transports en commun les moins performants, sont ceux qui paient l’abonnement le plus cher. Une entreprise privée pourrait décider de taxer davantage celui qui parcourt le plus de kilomètres. Mais nous sommes dans une démarche de service public. Alors, comment justifier que celui qui a le moins bon service soit celui qui débourse le plus ? Dans ma ville, à Montereau, une Carte orange coûte
129 €. Même si l’employeur prend en charge la moitié, cela représente un investissement considérable. Enfin, dans un souci de rééquilibrage du territoire, cela permettrait d’attirer en grande couronne des personnes qui ne peuvent plus se payer de logement à Paris ou en grande banlieue.
Cinquante euros, cela correspond à quoi ?
C’est le tarif de la Carte orange pour les zones 1 et 2, c’est-à-dire là où les transports en commun sont les plus performants, là où l’on peut se servir du métro, du bus, du RER… Les habitants de l’Essonne et de la Seine-et-Marne voient qu’à Paris, en trois ans et demi, on est capable de faire sortir de terre un tramway. Ils ont le sentiment que l’on met tous les investissements sur la capitale et ils le vivent très mal.
L’idée d’une Carte orange unique n’est pas nouvelle. Pourquoi la ressortir maintenant ?
La grève qui vient de toucher les RER B et D montre qu’il est urgent de faire un effort pour les grands banlieusards. Ils n’en peuvent plus et ils ne verront pas d’amélioration de la qualité de leurs transports avant quatre ou cinq ans, cela ne sert à rien de leur mentir. En attendant, ce geste financier serait une preuve que l’on prend en compte leur galère. La SNCF a décidé de rembourser 40% du prix de la Carte Orange en janvier pour les usagers de la ligne D, cela veut bien dire que la réponse financière est une réponse adéquate à leurs problèmes.
Est-on obligé d’en passer par une loi ?
Je préférerais que le STIF (Syndicat des Transports d’Ile-de-France) s’empare de ce projet et qu’on ne soit pas obligé d’en passer par la loi. Mais je rappelle qu’en Ile-de-France, les transports sont gérés par le STIF, qui a été créé par une loi de 1979. Pour aller vite, je propose de modifier celle-ci pour instaurer le tarif unique. Je déposerai la proposition de loi lundi et la ferai cossigner par des parlementaires d’Ile-de-France pour lui donner du poids.
Comment financer cette mesure ?
Soit la région la prend en charge et la finance seule, soit je propose de l’indexer sur la TIPP. En prélevant un montant infime de cette taxe, cela serait suffisant.
Avez-vous calculé ce que cela coûterait ?
Une étude parle d’un coût de 220 millions d’euros par an. C’est le montant que la région prévoit d’investir pour mettre en place une tarification avantageuse en faveur des plus démunis. Mais une Carte orange à 50 €, ne serait-ce pas la plus belle des tarifications sociales ? On peut aussi considérer que cela inciterait de nouveaux Franciliens à la prendre, ce qui augmenterait les recettes.
Propos recueillis par Mickaël Bosredon
Yves Jégo lance aujourd’hui un site internet :macarteorange.com
La sectorisation n’en finit pas de semer la zone
L’idée d’un tarif unique de Carte orange n’est pas nouvelle. Sa dernière apparition remontait à la campagne des élections régionales de 2004. Le candidat UMP, Jean-François COPE et Roger KAROUTCHI, proposaient alors une Carte orange à 45 € pour tout le monde. Ils disaient financer l’opération (312 millions d’euros pas an, selon lui) par la baisse des fraudes et une hausse de la fréquentation. Pour la mise en œuvre, Copé proposait une phase de transition pendant laquelle seules deux formules de Cartes orange auraient coexisté : une grande couronne et une petite couronne.
Tous les camps s’accordent sur le trop grand nombre de formules possibles. Une trentaine d’abonnements existent actuellement. La gauche a travaillé sur une formule a quatre zones au lieu de huit. Mais son grand chantier reste la gratuité pour les personnes les plus démunies, notamment les bénéficiaires de la CMU.
20 Minutes
16-12-2005
09:59 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 21 décembre 2005
Finances 2006 : A la recherche d’un objet budgétaire non identifié
Le débat d’orientation budgétaire est un art difficile. L’exécutif régional est pris en tenaille entre la nécessité de présenter quelques objectifs et mesures (sans trop se lier les mains) et la volonté, d’autre part, de ne pas en dire trop et d’être accusé de rester dans le flou.
« Ce document n’a d’orientation budgétaire que le nom sans aucun chiffre, sans étude rétrospective. Il reste flou parce que la majorité n’a encore rien décidé sur le montant du taux des impôts régionaux et de l’emprunt », a dénoncé, jeudi lors des débats, Roselle Gros (UDF). « On est en face d’un document ressemblant à un objet budgétaire non identifié. Il n’y a rien dedans. Mais vous pouvez y trouver tout. Ce n’est plus une Région, c’est un rêve. C’est au-delà d’un catalogue à la Prévert. Je me demande ce qui manque. Peut-être les anciens combattants. En réalité, vous ne vous êtes pas mis d’accord sur les éléments chiffrés. Comme vous ne pouvez rien présenter, vous parlez de tout ! », constatait Roger Karoutchi. « Ces orientations budgétaires sont d’un grand méchant flou », martelait Myriam Baeckroot (FN). « Ce document est un document d’orientation politique », a reconnu Marie-Pierre de La Gontrie, vice-présidente (PS) chargée des finances, en s’avouant « incapable de déterminer quel sera le montant des compensations des transferts de l’Etat (TOS, STIF…), puisqu’il n’y a pas un chiffre dans la Loi de Finances. Et pourtant, nous dégageons des priorités, nous ne renonçons à aucune de nos politiques. La Région Ile-de-France est devenue une collectivité de plein exercice ». Jean-Paul Planchou (PS), dans une remarquable intervention, n’a pas dit autre chose : « J’ai compris la ligne de défense de l’opposition : la mise en cause formelle du document cache aussi ses défaillances ». Jean-Paul Huchon, relevant aussi les incertitudes liées aux transferts de compétences, formula sa sentence ainsi : « On travaille dans un climat d’incertitude total ! » Par conséquent, le débat, au sein de la majorité, est circonscrit à l’effort fiscal et aux taux de l’emprunt : « En 2005, nous appelons à un élan fiscal fort, afin de nous doter de ressources suffisantes pour mener nos politiques… Nous avons regretté que la majorité ne décide pas une hausse de la fiscalité plus conséquente et nous vous avions donné rendez-vous au budget 2006. Nous y voilà ! », a déclaré Jean-Vincent Placé (Verts) qui plaida pour l’utilisation du levier fiscal afin de préserver les capacités d’emprunt et faire face aux surcoûts des compétences transférées dans le cadre de l’acte II de la décentralisation. « Il n’y a pas ici de politique des 100 jours. On sait où cela finit. Nous agissons ensemble depuis le premier jour. Donnons-nous les moyens budgétaires et politiques de le faire ensemble jusqu’au dernier jour ! », a ajouté le président du groupe des Verts. Comme le reconnaissait Gabriel Massou (PC) : « la question des recettes n’est pas réglée à priori ! Elle doit être traitée à l’aune d’une logique politique que nous voulons empreinte des valeurs sociales, humanistes, écologistes commune à notre majorité de gauche et capable de stopper la fragmentation sociale en cours ». Et M. Massou d’ajouter : « La question des ressources nouvelles et pérennes se pose dans toute son acuité ». C’est pourquoi il a rappelé les propositions du PC pour en trouver de nouvelles : FARIF, versement transport, rente foncière, taxation des actifs financiers des entreprises. « Toujours différer cette exigence nous conduira à l’impasse, a-t-il expliqué. Cette question de la pression fiscale se posera lorsqu’il faudra boucler cette préparation budgétaire. Nous ne la tranchons pas à priori et nous redisons avec force que nous ne la traiterons pas isolément des choix d’ensemble qui fonderont la cohérence de la politique régionale ». Enfin, il a invité à une politique dynamique de l’emprunt. Ainsi d’ici le 31 janvier 2006, date du débat budgétaire, toute la question sera de savoir ce que choisira l’exécutif : entre une augmentation fiscale plus forte défendue par les Verts ou une augmentation de l’emprunt préconisé par le PC.
Paul Philippart
PREMIERE HEURE/Ile de France
20-12-2005
16:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






