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lundi, 27 février 2006

Mise en parallèle de la politique gouvernementale et de la politique régionale en faveur des entreprises




Les faits :
Même si une légère reprise est observée en Ile de France depuis 2005, l’économie francilienne semble en panne depuis le début des années 2000. La crise affecte plus durement l’économie francilienne que l’économie nationale pour la simple raison que cette région produit presque 1/3 de la richesse nationale. Des indices révélateurs sont là :
 En matière d’organisation de foires et salons, Paris et l’Ile-de-France se retrouvent en 5éme place des villes européennes derrière Barcelone, Vienne, Berlin et Copenhague… La concurrence entre territoires s’accentue au détriment de l’Ile-de-France !
 Le solde migratoire de l’Ile-de-France reste déficitaire. Le coût de l’immobilier, notamment, ne favorise pas l’implantation de la population dans la région.
 Les exportations reprennent trop doucement (et essentiellement sous l’impulsion du val d’Oise qui représente 25% des exportations régionales).
 Le pessimisme des chefs d'entreprise franciliens, observé depuis mars 2004, se généralise à l'ensemble des secteurs d'activité. Les responsables de grands établissements s'inscrivent dans la même tendance, ils sont désormais plus nombreux à croire à une détérioration qu'à une amélioration de la situation économique - données du dernier trimestre 2005.

Le constat :
Le gouvernement fait de réels efforts depuis 2002 pour enrayer la crise… alors que les politiques régionales ne font qu’aggraver la situation :

 Le gouvernement a adopté des mesures fiscales en 2003 et 2005 afin de réduire le coût des transmissions d’entreprises et ainsi de les favoriser… Dans le même temps la région matraque fiscalement ses entreprises : + 70% sur la taxe professionnelle en 2 ans: Pour les entreprises franciliennes, ce sont 150 millions d’euros supplémentaires qui vont être prélevés chaque année.

 La loi pour l’initiative économique du 1er Août 2003 a permis un record en terme de création d’entreprises en 2005. L’Ile-de-France aurait du « surfer » sur cette loi pour inciter à la création d’entreprises ! Au contraire, l’exécutif dénigre les PMI et PME… et particulièrement celles des franges de l’Ile-de-France en diminuant les crédits pour l’immobilier d’entreprise qui facilite pourtant l’implantation des TPE. La baisse de moitié des crédits consacrés à aider les entreprises à s’informatiser et à accéder au haut débit relève également d’une méconnaissance déplorable des besoins des entrepreneurs!

 Les lois du 26 Juillet 2005 de sauvegarde des entreprises et du 2 Août 2005 en faveur des PME ont donné de nouvelles garanties aux créateurs et aux entrepreneurs afin d’assurer la pérennité de leur activité (formation et accompagnement des créateurs, statut protecteur du conjoint du chef d’entreprise…). Pendant ce temps là, la région baisse de -31,5% les crédits pour le soutien à l’industrie, l’artisanat et le commerce…

 En matière d’emploi, alors que le gouvernement propose de nouvelles idées, la gauche régionale continue sa politique des « emplois tremplin » qui ne fonctionne pas… Même la majorité souhaite une remise à plat de ce dispositif depuis déjà plusieurs mois ! L’objectif (raté !) de ceux-ci est de remettre sur le marché de l’emploi des exclus du travail, avec peu de qualifications… Pourtant, régulièrement, les profils de postes rédigés par les associations sont particulièrement exigeants, exemple : « bac + 3 souhaité avec bonne pratique de l’informatique, bon niveau d’anglais, bonne culture générale… ».
Les salaires attribués aux bénéficiaires des emplois tremplins sont aussi surprenants. Ils ont permis à une association de recruter un « directeur opérationnel » qui gagnera 37 500€ net par an ! Les 15 000€ que donne la région apparaissent finalement comme un complément de salaire !


La parade de l’exécutif :
La majorité du Conseil régional a trouvé une parade pour prétendre soutenir le développement économique de l’Ile-de-France:

 Accorder 60 M€ d’aides diverses aux entreprises. En réalité, ces dispositifs alibis ne compensent même pas pour moitié le prélèvement fiscal supplémentaire ! Ce n’est que de la poudre aux yeux…

 Augmenter la dotation de l’Agence régionale de Développement (elle atteint maintenant presque les 10 Millions d’€/an !) qui mène des actions louables mais gère mal son budget puisque 60% de celui-ci est absorbé par les frais de fonctionnement (locaux dans le 8eme arrondissement, masse salariale trop importante…).