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dimanche, 30 avril 2006

Questions à Roger KAROUTCHI par Francis CHOISEUL, Conseiller Général des Hauts-de-Seine


Questions à Roger KAROUTCHI pour la revue cantonale de Boulogne-Billancourt éditée par Francis CHOISEUL

 

 

 

 

Les lois RAFFARIN ont attribué de nouveaux pouvoirs aux Régions comme aux départements. Mais depuis, celles-ci ont fortement augmenté leurs impôts, sans que l’Etat diminue les siens. Alors était-ce finalement une bonne chose ?

 

La décentralisation n’a pas entraîné de dépenses supplémentaires importantes pour les départements, ni pour les régions, puisque c’est toujours l’Etat qui assume financièrement ces transferts. En revanche, certains exécutifs de gauche ont utilisé le prétexte de la décentralisation pour augmenter les impôts locaux afin de pouvoir mener leurs politiques démagogiques et assumer l’ensemble des promesses clientélistes. Si la décentralisation coûtait aux collectivités, elle aurait le même impact financier sur toutes les collectivités. Or, par exemple, le département des Hauts-de-Seine, présidé par Nicolas SARKOZY, n’a pas augmenté d’un centime les impôts locaux alors que la Région, gérée par le PS, le PC et les Verts les a augmenté de 61% en deux ans.

 

 

Permettez-nous d’insister : en Ile-de-France, Jean-Paul Huchon préside la région depuis huit ans, et il n’a augmenté les impôts que depuis deux ans.

 

De 1998 à 2004, Jean-Paul HUCHON n’avait qu’une majorité relative, et un amendement des élus de l’UMP avait même permis de baisser les impôts régionaux de 6%. Depuis 2004, avec la réforme électorale, tous les exécutifs régionaux ont une majorité absolue, à gauche pour l’Ile-de-France. C’est donc la majorité PS-PC-Les Verts qui a augmenté de 61% les impôts locaux et de près de 40% le coût de la carte grise en 2006, malgré l’opposition UMP et UDF. Mais les nouvelles dépenses ne sont pas liées à la décentralisation.

 

 

La lutte entre Jean-Paul HUCHON et le Gouvernement sur le Syndicat des Transports d’Ile-de-France (STIF) a défrayé la chronique. Pourquoi tant de bruit ?

 

Tout d’abord, le STIF gère l’ensemble des transports de l’Ile-de-France, Transilien, métro, RER, lignes bus… C’est donc un outil structurant et indispensable pour notre Région et notre département.

Les Hauts-de-Seine contribuent pour près de 8% aux dépenses du STIF. Comme l’a rappelé Nicolas SARKOZY, un euro dépensé par les alto-séquanais, doit être un euro utile. Les élus UMP s’opposaient, entre autres, à ce que tous les crédits transports soient utilisés pour financer les transports à Paris (tramway, etc.) alors que la périphérie était délaissée. Nous avons finalement obtenu un accord financier correct avec l’Etat et nous demandons que le STIF veille à éviter les mesures démagogiques qu’il ferait financer par les départements, ce qui serait inacceptable.

 

 

Avant les élections, Jean-Paul HUCHON semblait se faire le porte-parole des banlieusards face aux Parisiens notamment en matière de transports, à tel point qu’on le croyait brouillé avec Bertrand DELANOË. Depuis plus rien ?

 

Oui, c’était pendant la campagne… Mais la gauche n’a pas tenu ses promesses électorales. On parle beaucoup de liaisons inter-banlieues et nous nous battrons pour qu’elles soient privilégiées. Mais, dans l’immédiat, cet équilibre Paris-Banlieues, n’est pas atteint. Il nous faut réfléchir à des priorités d’investissement et à une meilleure desserte de tous les Franciliens.

 

 

Et le projet d’agence foncière ?

 

De la même manière, que le STIF, l’agence foncière régionale aurait été financée par des taxes supplémentaires, notamment pour les alto-séquanais, mais pour des projets immobiliers qui n’auraient pas forcément vus le jours dans les Hauts-de-Seine ! C’est pourquoi, Nicolas SARKOZY a souhaité qu’un euro payé par les alto-séquanais soit un euro investi dans les Hauts-de-Seine, notamment pour construire des logements sociaux et intermédiaires via une agence foncière départementale.

 

 

Sur certains sujets, on a vu des régions isolément ou même l’ensemble des présidents de région, collectivement, annoncer qu’ils ne mettraient pas en œuvre les mesures décidées par le gouvernement. N’a-t-on pas ainsi institué un contre pouvoir régional à l’échelle nationale, plus efficace que l’opposition parlementaire et démocratiquement plus légitime ?

 

Oui. On a assisté, depuis 2004 à une certaine dérive des exécutifs régionaux qui s’érigent en contre-pouvoirs. Soit individuellement, en communiquant parfois au travers des magazines régionaux, comme celui de l’Ile-de-France qui coûte aux contribuables franciliens près de 20 millions d’euros, soit au travers de l’Association des Régions de France. Il y a un véritable dérapage lorsque les exécutifs régionaux socialistes élaborent des critères de subventions aux communes plus politisés, ou lorsque les régions s’opposent au Gouvernement. Il y a confusion des genres avec les formations politiques.