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mardi, 30 mai 2006

Deuxième phase du « Plan cancer »



 Le Président de la République a fait de la lutte contre le cancer l’un des trois chantiers prioritaires du quinquennat.
 Depuis maintenant trois ans, des avancées majeures ont été accomplies plaçant la France aux avants postes de la lutte contre le cancer qu’il s’agisse de la prévention, du traitement des patients ou de la recherche.
 Toutefois, le Chef de l’Etat a souhaité aller encore plus loin dans la lutte contre cette maladie qui concerne toutes les familles.

1) Le Plan cancer a permis des avancées majeures depuis trois ans

On constate tout d’abord un rééquilibrage en faveur de la prévention et du dépistage

 Le tabac est désormais moins accessible, notamment pour les jeunes.
- L’augmentation de 42% du prix du tabac entre janvier 2003 et janvier 2004 a eu un effet fortement dissuasif : en trois ans, le nombre de fumeurs a diminué de 1,4 millions.
- La vente de tabac est interdite aux jeunes de moins de 16 ans.
- La vente de cigarettes à prix promotionnels est également interdite.
 D’importants efforts ont été déployés pour assurer un meilleur respect de la loi Evin : tous les TGV sont non fumeurs depuis décembre 2004 ; des amendes plus lourdes sont prévues en cas de non respect ; la capacité d’ester en justice a été reconnue aux associations de consommateurs et familiales.
 Dès 2005, un programme de prévention des risques liés à l’environnement général et au travail a été mis en place. Le nombre des « entreprises sans tabac » a fortement augmenté.
 De nombreuses campagnes d’information ont été organisées pour informer les Français et notamment les jeunes sur l’importance d’une alimentation équilibrée et variée.
 Parallèlement, le dépistage s’est peu à peu généralisé : 7 millions de femmes entre 50 et 74 ans sont convoquées tous les deux ans pour bénéficier d’une mammographie gratuite.
 Sur un quart de notre territoire, les 50-74 ans peuvent déjà bénéficier du dépistage organisé du cancer colo-rectal tous les deux ans. Sa généralisation est un objectif prioritaire.
 15 000 personnes susceptibles de présenter des prédispositions génétiques à certains cancers ont pu profiter de tests d’oncogénétique.





Des changements très concrets sont intervenus dans la prise en charge des patients

 La mise en réseau de tous les professionnels prenant en charge la maladie sera obligatoire à l’horizon 2007. Les crédits destinés à faciliter cette mise en réseau ont augmenté de 40% en 2005, soit 175 millions d’euros. 24,2 millions sont exclusivement consacrés à la cancérologie.
 L’hospitalisation à domicile se développe fortement : 5 500 places étaient installées en mars 2005. Grâce à une enveloppe exceptionnelle de 50 millions d’euros en 2005, l’objectif est d’atteindre à terme les 8000 places.
 Une nouvelle organisation des soins pour les enfants atteints du cancer permet de répondre à leurs besoins spécifiques, notamment familiaux et sociaux.
 Les consultations anti-douleur sont d’ores et déjà accessibles dans tous les départements. L’objectif de 191 structures anti-douleurs fin 2005 est atteint.
 La durée d’attente pour une examen d’IRM a diminué de 12 jours en un an : 137 nouveaux IRM et 183 nouveaux scanners ont été installés en 2003 et 2004. 28 nouveaux appareils de radiothérapie ont été mis en service en deux ans.
 Tous les patients pris en charge dans le secteur public ou le secteur privé reçoivent les médicaments les plus innovants et adaptés quel que soit leur prix.
 Mais l’effort a également porté sur le personnel soignant : le nombre d’internes en cancérologie a ainsi augmenté de 116 en 2003 à 181 en 2004. 22 postes supplémentaires de chefs de clinique ont été créés en 2005. Enfin, 250 autres professionnels de santé sont venus renforcer les effectifs hospitaliers en 2004.

La mobilisation s’inscrit dans le long terme grâce à des financements pérennes

 Des progrès majeurs ont été réalisés dans la recherche contre le cancer : grâce à de nouvelles molécules et des techniques innovantes, les traitements sont plus ciblés et plus efficaces.
 Pour mieux organiser la recherche, l’Etat a favorisé l’émergence de cancéropôles véritables accélérateurs d’innovation : 32 projets de recherche ont été retenus avec 35 millions d’euros de financement en deux ans.
 68 postes nouveaux ont été créés dès 2004 dans les cancéropôles pour renforcer la recherche clinique en cancérologie.
 La Plan cancer s’appuie sur des financements garantis sur le long terme : au total, l’Etat consacrera 1,5 Mds d’euros de mesures nouvelles entre 2004 et 2007.

2) Ces efforts seront poursuivis et amplifiés dans les années à venir

La lutte contre les addictions doit devenir une priorité de notre politique de prévention

 Les addictions, au tabac, à l’alcool et au cannabis sont des causes majeures de cancer.
 Afin de lutter contre le tabagisme passif, le Président de la République a demandé l’organisation d’une concertation approfondie sur la question de l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Une mission parlementaire sera également constituée. Les décisions seront prises avant la fin de l’année.
 Parallèlement, le Gouvernement présentera dans les mois qui viennent un plan d’action global contre les addictions. Chaque CHU sera doté d’un service d’addictologie et des postes supplémentaires y seront affectés pour assurer des consultations régulières.
 Au-delà, les addictions doivent également devenir un champ essentiel pour la recherche médicale et pharmaceutique : c’est un enjeu humain considérable mais c’est aussi un enjeu économique majeur. Le Président de la République a donc demandé que l’Institut national du cancer, les laboratoires publics, l’Agence nationale de la recherche et l’Agence de l’Innovation Industrielle s’engagent résolument dans ce secteur.

La généralisation du dépistage et la recherche contre le cancer seront accélérées

 Même si le nombre de mammographies a doublé depuis deux ans, trop de femmes n’en bénéficient toujours pas soit par manque d’information soit par une peur irrationnelle qui associe dépistage et maladie.
 Le Président de la République a donc demandé à l’Institut du cancer et à l’Assurance maladie de s’engager pour que le dépistage du cancer du sein devienne une réalité pour toutes les femmes.
 Les dépistages du cancer de l’utérus et du cancer colorectal sont désormais bien engagés.
 Mais la bataille continue au sujet d’autres maladies comme le cancer de la prostate qui est le troisième plus mortel chez les hommes. Son dépistage sera évalué dès l’an prochain dans quelques régions pilotes en vue de son éventuelle généralisation. Nous aurons ainsi le système de dépistage le plus complet au monde.
 La recherche est la clef de la lutte contre le cancer. Le Président de la République a ainsi demandé au Gouvernement de lancer un programme national de recherche en mobilisant grâce aux cancéropôles les meilleures équipes scientifiques et hospitalières.
 Elles pourront s’appuyer sur les progrès réalisés depuis trois ans : désormais, il est possible d’analyser sur grande échelle les prédispositions génétiques du cancer.

Enfin, la prise en charge des malades sera renforcée ainsi que les droits des patients

 Une étape décisive a été franchie avec l’instauration progressive des procédures d’autorisation des établissements habilités à prendre en charge les malades du cancer. Il s’agit maintenant de préparer la prochaine étape à savoir celle de la labellisation des équipes médicales. C’est la garantie pour le patient de recevoir des soins de qualité adaptés à ses besoins.
 En matière de traitement, l’enjeu aujourd’hui est celui de la personnalisation : les pôles régionaux de cancérologie devront mettre en place des plates-formes destinées à établir la carte d’identité des tumeurs. Pour chaque tumeur rare, sera désigné un centre de référence afin d’acquérir une expertise sur chaque facette de la maladie.
 Mais, lutter contre le cancer, c’est également faire en sorte que la vie puisse reprendre ses droits pendant et après la maladie. Ainsi, il est urgent de mettre en place un dispositif d’accompagnement du retour à la vie quotidienne.
 Cela renvoie aussi à la question de l’accès à l’assurance et à l’emprunt. Il convient notamment de remédier au problème de l’assurance invalidité grâce à plus de transparence dans l’octroi des polices et grâce à une véritable instance de médiation pour régler les dossiers litigieux.

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