« 2006-04 | Page d'accueil
| 2006-06 »
mercredi, 31 mai 2006
CONVENTION POUR LE SPORT
Intervention de M. Nicolas SARKOZY
CONVENTION POUR LA FRANCE D'APRES
Paris, mardi 30 mai 2006
Mesdames et Messieurs, mes chers amis,
Je suis très heureux de conclure ce soir la Convention sport de l’UMP. Je tenais absolument à ce que notre parti consacre une journée de travail à la question du sport en France. C’est la première fois qu’un parti politique met le sport au même niveau d’intérêt et de préoccupation que l’économie, la justice ou encore les institutions. Je m’en félicite et je remercie Pierre Durand et Nadine Morano d'avoir mis en musique un projet qui m'était cher.
Si les Français choisissent de nous faire confiance en 2007, cette journée restera comme un événement fondateur : fondateur d’une nouvelle vision du sport en France, d’une nouvelle politique sportive, celle que nous mettrons en œuvre si nous sommes élus.
***
Le sport en France est dans une situation paradoxale.
Beaucoup de Français font du sport. Moins que dans les pays nordiques ou anglo-saxons, certes. Mais la France compte néanmoins 15 millions de licenciés, entre 30 et 35% de pratiquants réguliers, et les grands événements sportifs, comme la coupe du monde de football, Roland Garros ou le Tour de France, passionnent nos concitoyens. Au cours des 20 dernières années, les collectivités territoriales ont investi massivement dans les équipements et l’aide aux clubs sportifs, répondant ainsi à une demande croissante des Français. Elles financent aujourd'hui 30% de la dépense sportive, contre 12% pour l’Etat.
En revanche, malgré les apparences et le discours officiel, malgré l’impulsion décisive d’hommes et de femmes tels que le Général de Gaulle, Maurice Herzog ou Pierre Mazeaud, l’Etat aujourd’hui ne donne pas au sport la place qu’il mérite.
Je veux saluer l’action de Jean-François Lamour depuis 2002, qui n’a pas ménagé sa peine pour faire avancer le sport dans notre pays. Pas moins de quatre lois ont été votées grâce à lui pour donner plus de souplesse d’organisation aux fédérations, renforcer la lutte contre le dopage, reconnaître le rôle des collectivités locales, aider le sport professionnel à lutter à égalité avec les clubs des autres pays d’Europe. Mais Jean-François, tu n'as pu agir qu'avec les moyens et les outils que l'on t'a donnés.
Il faut aller beaucoup plus loin.
A l’école, le sport est encore une matière annexe parce que sa vertu éducative n'est pas reconnue. Dans l’enseignement supérieur, il ne compte pas. A part les écoles de fonctionnaires, aucune grande école n’a d’épreuve de sport à son concours d’entrée. Dans le monde professionnel, la pratique sportive n’est pas valorisée, pas plus que l’engagement associatif. Quant à la sphère politique et institutionnelle, elle se soucie peu du sport, hormis l'Olympisme. La part du budget de l’Etat consacrée au sport régresse d'ailleurs depuis 1968.
Non, vraiment, à quelques exceptions près, l’élite de la société française ne croit pas dans le sport.
Pour ma part, je crois profondément dans le sport. Cette conviction est nourrie de la pratique et de l’expérience, mais ce n’est pas seulement une question d’appétence personnelle. Je crois que le sport est une nécessité pour l’individu. Je crois qu’il est une chance pour la société, et notamment pour notre société qui a tant de difficultés à résoudre. Je crois enfin qu’il est un enjeu pour l’économie. Comme Pierre de Coubertin à son époque, je pense que le « temps présent a besoin de sport ».
***
Le sport est d’abord nécessaire à l’équilibre individuel car nous sommes un corps autant qu’un esprit. C’est une antinomie merveilleusement décrite par Jean-Jacques Rousseau : « plus le corps est faible, plus il commande ; plus il est fort, plus il obéit ».
Le sport permet de décharger le stress accumulé dans la vie quotidienne. Son rôle dans la prévention et le traitement de certaines maladies, dans la lutte contre l’obésité, dans le recul des frontières de la dépendance n’est plus à démontrer. Investir dans le sport, c’est améliorer le bien-être de nos concitoyens et réduire les dépenses de santé.
Au-delà de ses effets bénéfiques sur la santé, le sport est une école de la vie. C’est à mon sens plus important encore. « Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre », disait encore Pierre de Coubertin.
A tous ceux qui le pratiquent ou l’ont pratiqué, le sport a appris que rien de précieux et d’intéressant ne s’obtient sans effort. Mais il a appris aussi que tout effort donne des résultats. Le sport enseigne la persévérance et l’acceptation de l’inévitable alternance entre l’échec et la réussite, une bonne école pour la politique en somme… En mettant chacun devant ses limites physiques, sans pouvoir se retrancher derrière les artifices du savoir, de la richesse ou du langage, le sport révèle les qualités profondes de l’être : le courage, le goût du risque, la volonté, le dépassement de soi.
Ce n'est pas pour rien que le grand alpiniste Edouard Whymper concluait ainsi ses récits d'escalades : « Nous nous extasions sur les scènes grandioses qui se déroulent à nos yeux, sur les splendeurs des levers et des couchers de soleil, (…) des collines, des vallons, [et] des lacs (…) ; mais, ce que nous évaluons à un prix bien supérieur, c’est notre progrès comme homme, et, grâce à notre lutte incessante avec les difficultés, le développement de ces nobles qualités de notre nature, le courage, la patience et la force d’âme ».
Tout au long de cette journée, et certains me font l’amitié d’être présents en ce moment, plusieurs champions olympiques et sportifs de haut niveau ont participé à notre Convention. Sans doute faut-il être soi-même un peu sportif pour mesurer ce qu’il faut d’entraînement, d’efforts, d’abnégation, de maîtrise de soi, de répétition des mêmes gestes, pour atteindre les meilleures performances mondiales. Et ce sont en outre des efforts qu'il faut faire jeune, très jeune. Les sportifs de haut niveau sont des êtres de caractère exceptionnel, qui font honneur à la France, mais aussi tout simplement à l’homme, et je veux leur dire ce soir toute notre admiration. L’or dont on les couvre et le prestige dont ils jouissent ne sont pas usurpés et je ne suis pas de ceux qui critiquent la starisation des sportifs, parce qu’ils nous donnent du plaisir et de l’exemplarité.
Le sport est également une chance pour la cohésion sociale. On a essayé de le traduire par exemple dans la politique de la ville, mais les succès n’ont pas vraiment été au rendez-vous. Tout simplement parce qu’on a pris, je crois, le problème à l’envers.
La question n’est pas de permettre aux jeunes des quartiers défavorisés de faire du sport. C’est évidemment important et l’on a raison de créer des équipements et des aides pour que tous les Français puissent pratiquer un sport. Mais pour un Zidane ou un Desailly, il y a des milliers de jeunes dont les voies d’insertion sociale sont d'abord et avant tout l’école, les études et le travail. Un panneau de basket dans une cité n’a jamais fait et ne fera jamais le bonheur de celle-ci.
Ce qui est capital en revanche, c’est que le sport reste cet espace unique de sociabilité où les Français de toutes conditions, de toutes origines et de tous milieux sociaux, se rencontrent et partagent les mêmes efforts et les mêmes émotions. Alors que la ségrégation sociale et urbaine ne cesse de s’aggraver, les clubs de sport et les compétitions sportives sont parmi les derniers lieux où l’on n’est rien d’autre, dans le regard des autres, qu’un être qui transpire, qui souffre, qui gagne ou qui perd ; un homme ou une femme qu’on aide parce que, dans le sport, on gagne tous ensemble ou l’on perd tous ensemble.
La victoire de la France lors de la coupe du monde de football de 1998 a fait beaucoup de bien à notre pays. L’équipe black-blanc-beur a montré que la diversité était une richesse. Mais elle n’a pas empêché, quatre ans plus tard, que la Marseillaise soit sifflée au Stade de France. Le sport n’est pas facteur de cohésion sociale par procuration. Il l’est par la pratique effective. C’est en poussant tous les Français à faire plus de sport ensemble, quelles que soient leurs origines, que nous ferons reculer le racisme, grandir la fraternité et progresser la cohésion sociale.
C’est aussi pour cette raison que j’ai fait de la lutte contre la violence dans les stades un axe important de mon action au ministère de l’intérieur. Le racisme et le hooliganisme sont l’exact opposé des valeurs du sport. Nous n’avions pas le droit de les tolérer plus longtemps. Le Royaume-Uni avait réussi à se débarrasser du hooliganisme. Je n’ai pas accepté qu’il soit en France une fatalité de plus. Il faut que les Français puissent retrouver le chemin des matchs de foot en famille et nous y parviendrons.
Dans un monde de plus en plus individualiste, le sport développe également des valeurs collectives dont la société ne saurait se passer : le respect des autres, le respect des règles, le respect de l’autorité, l’engagement, la solidarité, l’esprit d’équipe, la culture du résultat. En apprenant l'écoute et la confiance dans l'entraîneur, le sport enseigne à aider et à accepter d'être aidé.
C’est pourquoi nous devons absolument accroître la pratique sportive à l’école. Le sport développe des qualités qui sont essentielles à la vie professionnelle, à la vie sociale, à la vie dans la cité, que les matières traditionnelles ne savent pas ou ne peuvent pas valoriser ; des valeurs qui sont les nôtres aussi : le mérite, l'effort, l'égalité des chances. Faisons nôtre cette formule de Michel Serres qui, en 1999, dédicaçait ainsi son ouvrage sur le corps : « A mes professeurs de gymnastique, à mes entraîneurs, à mes guides de haute montagne, qui m’ont appris à penser ».
Je ne crois pas avoir une vision excessivement idéaliste des choses en pensant que si les Français faisaient plus de sport et plus souvent, notre société serait à la fois plus forte, plus confiante en elle et plus humaine.
Je pense enfin que le sport est un champ prometteur de développement économique. La dépense sportive des ménages augmente plus vite que le taux de croissance de l’économie en général et le sport représente déjà 360 000 emplois salariés en France. Voilà une activité, le sport, qui ne demande qu’à se développer, qui peut créer des centaines de milliers d’emplois, dans le domaine de l’équipement, du sport loisir, des sports de pleine nature, de la santé par le sport, et qui ne présente que des avantages si nous savons l’encadrer par ailleurs. Je pense par exemple à la prévention du dopage amateur ou à la compatibilité entre le développement des sports de pleine nature et la protection de l’environnement.
Pour toutes ces raisons, je crois que nous ne devrons avoir en 2007 qu’un seul mot d’ordre, celui de notre Convention d’aujourd’hui : Oser le sport.
***
Je voudrais ce soir vous faire cinq propositions. Elles ne couvrent pas tout le sujet, il faudra bien qu’il en reste un peu au ministre des sports ! Mais ce sont des propositions fortes, pragmatiques et concrètes.
Premièrement, il faut que l’organisation du sport en France se modernise et se professionnalise. Nous vivons dans cette contradiction d’un Etat qui revendique sa prééminence dans l’organisation du sport, mais qui délègue ses pouvoirs à des fédérations souvent fragiles, trop dépendantes de lui et insuffisamment dotées en capacités d'impulsion et d'action. Trop de fédérations, et pas des moindres, ont eu des difficultés graves au cours des années récentes, qu’il s’agisse de difficultés financières ou de difficultés de management.
Pendant ce temps là, en dehors de nos frontières, le sport se transforme rapidement. Les organismes sportifs internationaux sont de plus en plus puissants et imposent des contraintes de plus en plus fortes. L’Union européenne affiche ses propres exigences. La médiatisation, le développement du sport spectacle et l'augmentation des droits de retransmission entraînent une distorsion croissante entre le sport professionnel et le reste et posent la question de la compatibilité entre l’argent et les valeurs du sport. Pour plusieurs raisons financières et juridiques, nos clubs professionnels n’ont pas les moyens de lutter à égalité avec les autres clubs européens.
A l’exception notable de la lutte contre le dopage, force est de constater que la France subit les évolutions du sport plus qu’elle ne les précède. Il faut changer le sens de cette dynamique en mettant plus de professionnalisme et de stratégie dans l’organisation du sport français.
La loi de 1984 devra être mise à plat. Je ne veux pas renoncer aux grands principes de l’organisation du sport en France : la cogestion entre l'Etat et le mouvement sportif, l’unité et la solidarité entre le sport professionnel, le sport de haut niveau et le sport amateur, la qualité du système de formation des sportifs. Mais je veux que l’Etat ait les moyens de sa politique sur les aspects stratégiques de celle-ci et que les fédérations soient responsabilisées dans leur mission. L’Etat devra donc avoir des outils juridiques pour exercer réellement sa tutelle sur les fédérations en ce qui concerne la mise en œuvre des grandes orientations de sa politique sportive. Les contrats d’objectifs qui lient les fédérations au ministère devront devenir de vrais outils de gestion et d’évaluation, pas seulement des documents formels reconduits d’année en année. L’organisation des fédérations devra être améliorée pour que les conseils fédéraux exercent un réel contrôle sur l'exécutif fédéral et que des directeurs généraux salariés et des cadres de haut niveau soient recrutés.
Je compte également sur la parité pour améliorer le fonctionnement du mouvement sportif. Les femmes représentent 34,6% des sportifs de haut niveau. Lors des trois derniers Jeux olympiques, elles ont remporté 49% des médailles françaises. Mais elles ne représentent que 5% des directeurs techniques nationaux et 6% des présidents de fédération. C’est trop peu.
En ce qui concerne les collectivités territoriales, leur rôle est devenu irremplaçable et c’est un fait qu’elles ont largement suppléé les défaillances de l’Etat. Cela n’aurait toutefois aucun sens d’imposer aux collectivités locales une compétence obligatoire dans le domaine du sport. Elles la refuseraient. En revanche, il faut reconnaître et encourager le rôle qu’elles exercent volontairement aujourd’hui, notamment en accroissant leur place dans les organismes de cogestion du sport.
Le monde du sport est devenu beaucoup plus complexe sur le plan juridique, éthique, financier, international. Je propose de créer une grande école du management sportif, obligatoire pour les cadres supérieurs de l’Etat voulant exercer des responsabilités dans ce secteur et accessible aux étudiants des universités et des grandes écoles voulant travailler dans le domaine du sport ainsi qu’aux sportifs de haut niveau souhaitant se reconvertir dans la gestion du mouvement sportif. Nous avons bien l’école nationale de la santé publique pour la gestion du système de santé ou l’école du patrimoine pour les conservateurs de musée.
Le professionnalisme n’exclut pas le bénévolat. Le sport français ne peut pas se passer de notre million et demi de bénévoles réguliers. Un des axes forts de notre projet pour 2007 sera la valorisation du bénévolat parce qu’il faut sortir de cette culture socialiste où ceux qui travaillent et se dépensent pour la collectivité sont moins bien traités que ceux qui ne travaillent pas ou ne font rien pour les autres. Les socialistes détestent le travail, mais ils détestent encore plus l'idée qu'on puisse travailler sans être payé puisque leur idéal de société, c'est d'être payé pour ne rien faire. Le bénévolat doit être pris en compte dans les parcours universitaires, pour la validation des acquis de l’expérience, pour la constitution d’une retraite et pourquoi pas sur le plan fiscal. Mais il doit avoir pour contrepartie, notamment en matière sportive, des exigences en termes d’engagement et de formation.
Enfin, nous devons tirer les leçons du triste échec de Paris 2012 et engager une stratégie de reconquête de nos positions dans les organisations internationales du sport.
Je souhaite à cet égard qu’avec la ligue de football professionnel, nous entreprenions une démarche européenne pour que l’argent ne tue pas l’équité et la qualité de la compétition sportive entre les clubs professionnels.
D’un côté, la France doit améliorer l’environnement juridique des clubs et lever les obstacles qui les empêchent de rivaliser à égalité avec les autres clubs européens. Les clubs doivent apprendre à diversifier leurs recettes et pouvoir faire appel à l’épargne publique, même si, de fait, peu le feront. Ce n’est pas la bourse qui corrompt, c’est l’absence de morale.
Mais, de l’autre côté, il faut instituer des règles européennes pour que l’excès d’argent dans certains clubs ne ruine pas l’équité et le suspens de la compétition. Ces règles doivent viser notamment l'harmonisation fiscale, les conditions dans lesquelles les jeunes doivent signer leur premier contrat dans le club qui les a formés, la limitation des déficits et de l’endettement des clubs, comme l'a remarquablement instituée en France la fédération française de football et la ligue, et éventuellement le plafonnement de la masse salariale totale des clubs.
Nous ne devons pas avoir peur du sport professionnel. Le sport spectacle est beau et donne du plaisir. Si des entreprises veulent investir dans le sport professionnel, il faut les y encourager. C’est justement en étant ouvert au sport professionnel que nous pourrons également imposer des normes européennes. La libre circulation des capitaux, des personnes, des biens et des services ne peut pas s’appliquer dans le sport comme dans le reste de l’économie. Il y a une exception culturelle. Il doit y avoir une exception sportive.
Ma deuxième proposition concerne bien sûr le sport à l’école. L’éducation physique et sportive compte pour 72% de la dépense sportive de l’Etat. Eh bien, malgré le dévouement et le dynamisme des enseignants d’EPS, force est de constater que nous n’en avons pas pour notre argent ! La France est le pays d’Europe où la place du sport dans le système éducatif et dans l’enseignement supérieur est la plus faible.
Cette faiblesse explique, d’une part, l’insuffisance de la pratique sportive des Français. Un tiers des Français pratiquent régulièrement une activité sportive, contre plus de 70% dans les pays nordiques, et 53% n’en font jamais. Or, l’école est essentielle pour développer l’habitude et le goût du sport.
D’autre part, en ne croyant pas dans les vertus éducatives du sport, l’école se prive d’un puissant levier pour diffuser certaines valeurs, certaines attitudes et certaines qualités d'âme.
Plusieurs mesures sont à prendre : changer les mentalités bien sûr ; respecter les heures de sport prévues à l’école primaire et en confier la prise en charge à des éducateurs spécialisés ; augmenter le nombre d’heures obligatoires de sport au collège et au lycée, les exigences attendues des élèves, ainsi que le poids du sport aux examens ; rendre le sport obligatoire à l’université et à l’entrée aux grandes écoles ; profiter des cours de sport pour initier à l’arbitrage, au secourisme et à l’hygiène alimentaire ; former tous les enseignants d’EPS au handisport afin que les enfants handicapés puissent pratiquer le sport avec les autres enfants.
Il faut également multiplier les établissements proposant le mi-temps sportif afin que tout enfant qui le souhaite puisse suivre une telle scolarité. Notre système éducatif manque beaucoup trop de liberté pour que chaque famille puisse trouver ce qui convient le mieux à son enfant.
Enfin, les dispenses sont trop fréquentes, en particulier chez les jeunes filles. Il faut réserver le droit de dispenser un élève de sport aux médecins scolaires, préférer une modulation du rythme de l'activité aux dispenses sèches, et proposer aux élèves dispensés un cours de substitution, pouvant porter par exemple sur l’histoire du sport, l’arbitrage, le secourisme, mais en rapport avec la culture physique.
Troisième proposition, il faut engager une politique volontariste d’augmentation du nombre de Français pratiquant régulièrement une activité sportive. Aujourd’hui, nous en sommes à un tiers environ. Nous devons viser 70% comme dans les pays nordiques, un résultat que nous n’atteindrons bien sûr que par étapes. Il faut le faire dans un souci de bien-être des individus et de la société et dans un but également de santé publique.
L’objectif n’est certes pas nouveau. Tous les gouvernements ont affiché leur ambition de développer le sport pour tous. Mais les moyens n’ont jamais suivi. Avec 0,14% du budget de l’Etat, sans compter toutefois les dépenses de l’Education nationale, la place du sport dans l’action publique est dérisoire.
Le budget du sport doit être augmenté. Notre politique reposera sur cette conviction forte : chaque euro investi dans le sport rapporte bien davantage que ce qu’il coûte.
Il permettra de financer la remise à niveau des équipements et la création d’équipements nouveaux, adaptés à la demande actuelle de nos concitoyens. En particulier, il faut créer des salles de sport en centre ville, ludiques et accessibles à tous les budgets.
La locomotion humaine doit être développée et encouragée.
Il faut engager une concertation avec les partenaires sociaux pour déterminer comment les entreprises pourraient être incitées à encourager la pratique sportive de leurs salariés.
Il faut rapprocher le milieu sportif de celui de la santé. L’information des Français – et même des médecins – sur le rôle du sport dans la prévention de certaines maladies doit être développée. Il faut multiplier les travaux de recherche. A l’image de la Suède, les médecins, notamment les généralistes, doivent être formés pour pouvoir aider et encourager leurs patients à avoir une activité sportive adaptée à leur condition. Souvent, les médecins disent à leurs patients qu'il faut faire du sport, mais sont bien incapables de leur dire quand, comment, combien de temps. Les caisses primaires d’assurance maladie pourraient servir de lieu d’information et d’orientation.
Enfin, il faut faire des efforts, notamment au sein des fédérations, pour développer l’activité physique régulière des catégories de la population aujourd’hui sous représentées dans les statistiques de la pratique sportive.
Cela concerne d’abord les femmes. Sur ce point, ce sont surtout les entreprises qui peuvent servir de relais, car si les femmes ne font pas de sport, c'est qu'elles n'ont souvent pas le temps.
Cela concerne ensuite les personnes handicapées. Celles-ci ont des résultats spectaculaires dans le sport de haut niveau (à Turin, la France s’est classée 10ème aux Jeux olympiques, mais 4ème aux Jeux paralympiques). Mais elles sont encore peu présentes dans le sport de masse. 1% des personnes handicapées sont licenciées d’une fédération sportive contre 17% chez les personnes valides.
Il faut investir dans l’activité physique des personnes âgées, en faire une dépense de santé publique comme une autre, pour reculer l'âge de la dépendance. En France, le taux de pratique sportive des personnes chute brutalement après 65 ans, ce qui est tout de même un comble alors que la retraite donne du temps. Des pays comme l’Australie ou la Norvège ont réussi à maintenir le taux d’activité physique des seniors à près de 70%.
Enfin, il faut veiller à ce que les Français modestes puissent également faire du sport. La pratique sportive est en effet fortement corrélée aux revenus. L’Etat peut s’associer aux collectivités locales sur ce point. Il faut en particulier permettre aux enfants des quartiers peu favorisés de pratiquer, avec une même licence, plusieurs sports, car les enfants se lassent très vite avant de trouver le sport dans lequel ils s’épanouissent pleinement.
Quatrième proposition, en lien avec la précédente, il faut que la France accueille de nombreuses compétitions sportives internationales.
Les compétitions internationales sont populaires. Elles suscitent des vocations chez les jeunes et de l’engouement pour la pratique dans le grand public. Au tournant du siècle dernier, Pierre de Coubertin disait déjà : « Pour que cent se livrent à la culture physique, il faut que cinquante fassent du sport. Pour que cinquante fassent du sport, il faut que vingt se spécialisent ; pour que vingt se spécialisent, il faut que cinq soient capables de prouesses étonnantes ».
Je ne peux pas vous promettre que nous réussirons, mais je prends l’engagement que la France sera candidate notamment pour organiser un championnat d’Europe de football, que nous n’avons pas accueilli depuis 1984, ainsi que les championnats du monde de basket et de natation. Cela suppose un effort d’équipement. Si la Turquie a battu la France pour l’organisation du championnat du monde de basket de 2010, c’est parce que la France ne disposait que de deux salles de 10 000 places, et encore en poussant les murs, à Paris et à Pau.
Enfin, je propose de transformer le partenariat des entreprises pour la candidature de Paris à l’organisation des JO de 2012 en partenariat pour la préparation des athlètes. La France n’a pas eu l’organisation des Jeux. Elle doit donc avoir les médailles.
Chacun se souvient qu’en 1960, la France n’avait obtenu que cinq médailles aux Jeux olympiques de Rome, dont aucune en or, se classant ainsi au 25ème rang des nations. L’effort entrepris à l’époque pour détecter, former, encourager et entraîner des athlètes de haut niveau produisit ses fruits, avec une remontée progressive de la France dans le classement des nations, qui culmina à Atlanta en 1996 où la France obtint 37 médailles dont 15 en or et se classa 5ème. Depuis, la France, tout en restant une grande nation sportive, perd du terrain. Elle était 6ème en 2000, 7ème en 2004. Elle est très mal classée au nombre de médailles par millions d’habitants.
Parallèlement en effet, d’autres pays ont engagé eux aussi des stratégies de conquête ou de reconquête. Le Royaume-Uni, par exemple, est passé de la 36ème à la 10ème place entre 1996 et 2004, soit un gain de 26 places, confirmant dans le sport son spectaculaire renouveau économique.
La France doit donc réagir et repartir à la conquête des médailles olympiques.
Comme la Suède, qui n’a pas eu les Jeux en 2004, mais qui a voulu les médailles, il faut créer un club d'entreprises partenaires qui financeraient, à égalité avec l’Etat, la préparation de nos athlètes.
Comme l’Australie, qui est passée de la 32ème à la 4ème place parmi les nations olympiques entre 1976 et 2000, il faut identifier les sports stratégiques, soit en prestige, soit au regard de nos avantages comparatifs, et créer pour eux des centres de recherche et de développement disposant des meilleurs chercheurs, des meilleurs équipements et des meilleurs entraîneurs. Les succès d'Emilie Le Pennec en gymnastique et de Laure Manaudou en natation, deux disciplines phares de l'Olympisme, sont encourageants. Il faut les consolider et reprendre aussi des positions significatives sur le 100 m, la course reine.
Nous ne devons pas rejeter l’investissement des entreprises dans le sport, à l'image par exemple du Team Lagardère. Le sport doit être sain, fraternel et loyal. Il n’est pas condamné à être pauvre, gratuit et bénévole. Si des entreprises veulent investir dans des clubs sportifs ou dans la préparation de nos athlètes, je n’y vois que des avantages. Ce n'est pas parce que la réussite des sportifs qu’elles auront soutenus leur apportera des avantages en termes d’image que cela nous enlèvera quelque chose en termes de prestige et de joie nationale. Et je ne vois pas pourquoi elles le feraient avec moins de morale et moins d’esprit sportif que l’Etat.
Toute l’histoire du sport contredit le lien que certains veulent faire entre l’argent et les anti-valeurs du sport.
En Union soviétique, il n'y avait pas de capitalisme, mais il y avait du dopage. A Berlin en 1936, le sport était étatique, et il était raciste et fasciste.
Ce n’est pas l’argent en lui-même qui corrompt le sport. C’est la volonté de puissance, l’esprit de compétition dévoyé par celui de domination.
L’argent doit rester à sa place. Le sport n’est pas le lieu de toutes les outrances et de tous les excès, mais au contraire le lieu où la règle doit être respectée. C'est précisément à l'Etat d'assurer la conciliation entre l'investissement des entreprises dans le sport et le respect des valeurs fondatrices du sport que la France elle-même a réinventées il y a un peu plus d'un siècle. Les entreprises elles-mêmes y ont tout intérêt.
Parmi ces valeurs fondatrices, figure notamment le respect que nous devons à nos athlètes, en particulier les plus jeunes. L'Etat a, à leur égard, quatre responsabilités premières :
- les protéger contre le dopage, notamment en responsabilisant davantage la chaîne sportive, les entraîneurs, les fédérations, les sponsors ;
- encadrer et moraliser le travail des agents ;
- assurer à nos athlètes les moyens de vivre et de s'entraîner. Les revenus de quelques athlètes, en particulier dans le football, ne doivent pas faire illusion. Ce sont des exceptions. Quant à l'aide publique aux sportifs de haut niveau, elle est tout sauf mirobolante : 2 800 euros par an en moyenne en 2004. A ceux qui se préparent pour demain, il faut offrir de bonnes conditions d'entraînement. A ceux qui sont dans la pleine maîtrise de leurs capacités, il faut prévoir un statut fiscal adapté leur permettant de lisser leurs revenus sur la durée et d'être incités à préparer leur reconversion et leur retraite ;
- enfin, l'Etat doit assurer la formation intellectuelle de ses athlètes. Un sportif de haut niveau n'a pas vocation à être un ignare et ce n'est parce qu'un enfant est bon en sport que cela doit déranger l'Education nationale. De même qu'il faut que les enfants dits normaux fassent plus de sport à l'école, l'Etat doit se donner comme exigence d'assurer la pleine et entière formation intellectuelle de ceux qui s'entraînent dur pour porter un jour les couleurs de la France.
***
Mes chers amis,
"Citius, altius, fortius", "plus vite, plus haut, plus fort", c'est la devise de l'Olympisme. Je crois bien que cela devrait devenir la devise de la politique du sport en France.
16:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Alors que l’UNEF s’effondre, l’UNI confirme ses bons résultats
Election des représentants étudiants au conseil d’administration du CNOUS:
Le dépouillement de l’élection des représentants étudiants au conseil d’administration du CNOUS qui a eu lieu mardi 30 mai 2006 confirme la progression déjà enregistrée par l’UNI (droite universitaire) à l’occasion des dernières élections du CROUS de mars dernier. Rappelons que ces élections s’étaient déroulées dans des conditions difficiles en plein débat autour du CPE. Ainsi, de nombreux incidents avaient émaillé ces élections.
L’UNI tire son épingle du jeu
L’UNI confirme au plan national ses bons résultats obtenus en mars dernier dans l’ensemble des CROUS. Ainsi, avec plus de 18% des suffrages exprimés (33 voix), l’UNI talonne l’UNEF qui perd ainsi sa place de première organisation étudiante. Alors que le paysage de la représentation étudiante se trouve profondément modifié, l’UNI consolide une fois encore son solide encrage au sein du CNOUS.
L’UNEF : la grande perdante du scrutin
Après avoir déjà été lourdement sanctionnée par les étudiants lors des dernières élections du CROUS (54 élus de perdus), et bien qu’ayant bénéficié d’une campagne médiatique d’envergure au cours des derniers mois, l’UNEF apparaît, donc, belle et bien comme la grande perdante de ce scrutin accusant une chute record de plus de 50% de sa représentation au CNOUS passant de 87 voix en 2004 à 42 voix. Ce nouveau désaveu illustre qu’à leur tour les élus étudiants sont loin de lui avoir pardonné le blocage des universités et paye, ainsi, au prix fort son entêtement et son jusqu’auboutisme durant la crise du CPE.
L’UNI se félicite, enfin, de la confiance que vient une nouvelle fois de lui renouveler les élus étudiants qui témoigne de leur attachement au principe d’égalité des chances et d’une aide sociale plus juste et plus efficace.
14:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 30 mai 2006
Nicolas Sarkozy donne sa vision d’un projet pour « la France nouvelle »
En pleine affaire Clearstream, Nicolas SARKOZY continue de marquer sa différence. Tandis que ses proches faisaient de plus en plus ouvertement pression pour changer de Premier ministre, le président de l’UMP a prononcé hier soir à Nîmes un véritable discours de candidat à l’Elysée, sur le thème de la « France ». Faisant le portrait d’une France qui « souffre », accusant « l’immobilisme » d’être la cause de tous les maux, le numéro deux du gouvernement a promis de « réconcilier la France avec son temps ».
VIE POLITIQUE
Alors que le Premier ministre est affaibli par l'affaire Clearstream, le président de l'UMP s'est attaché hier soir à marquer sa différence. A Nîmes, il a prononcé un véritable discours « pour la France » de candidat à l'Elysée.
Sarkozy promet la rupture pour relever la France
Pendant que ses troupes engagent un bras de fer sans précédent avec les chiraquiens sur fond d'affaire Clearstream, Nicolas Sarkozy, lui, parle de « la France ». Quelques heures à peine après avoir été entendu en tant que partie civile par le juge Jean-Marie d'Huy (lire page 20), le président de l'UMP a prononcé hier soir, à Nîmes, un discours digne d'un candidat à la présidence de la République.
Comme s'il n'était pas membre du gouvernement et voulait prendre de la hauteur avec ces « apprentis comploteurs » qui cherchent à le « salir » par leurs « misérables machinations », menaçant de couler toute la droite par le fond à un an des élections. « Cette politique-là ne doit pas avoir droit de cité dans notre République », a-t-il asséné, promettant de « tourner le dos à des pratiques indignes de la République française ». Pas une seule allusion à Matignon, qu'une rumeur entretenue par ses fidèles lui attribue déjà. Nicolas Sarkozy n'a pas évoqué d'éventuel départ du gouvernement, pas plus qu'il n'a annoncé sa candidature dans la course à l'Elysée. Mais il a cité « la France » à plus de 110 reprises, utilisant - pour la première fois avec une telle insistance - une phraséologie chère à Dominique de Villepin.
« Vertige destructeur »
Manière de corriger le tir alors que ses détracteurs l'accusent de s'adresser aux Français plutôt qu'à la France, c'est-à-dire d'être un démagogue naviguant au gré de l'opinion. Manière, au passage, de positiver son discours de « rupture ». « Je n'ai pas consacré ma vie à la politique pour détruire, pour dénigrer, pour défaire. Le devoir d'un responsable politique digne de ce nom, il est bien de construire pour l'avenir de chaque Français et pour l'avenir de la France », a-t-il insisté.
Poursuivant le numéro d'équilibriste entamé à la fin de mars à Douai en pleine crise du CPE, le ministre Sarkozy s'est échiné à marquer ses distances avec cette classe politique accusée - même s'il y appartient - d'avoir « abîmé » le pays en privilégiant, depuis trente ans, les « mots » aux « actes ». Il a étrillé ceux « qui se contentent de chercher à rendre supportables les défaillances, les injustices et les inégalités ». Eux seuls sont, à ses yeux, responsables du « vertige destructeur » dont est victime le pays.
Le président de l'UMP a dessiné, non sans souffle, le portrait d'une France « à l'exceptionnel destin », qui « a toujours triomphé du mal » mais qui « souffre » aujourd'hui, comme privée de repères. « Combien sommes-nous à avoir mal à la France ? », a-t-il interrogé, refusant de laisser à l'extrême droite « le monopole du mot patrie ». Il s'est défendu d'être le « déclinologue » jadis raillé par Dominique de Villepin. « Il y a beaucoup plus de respect et d'amour de la France chez ceux qui ont le courage de dire que ça ne va pas bien chez nous, qui refusent béatement de voir les retards que nous accumulons », a-t-il affirmé.
Nicolas Sarkozy a identifié l'ennemi : « l'immobilisme ». Dans ces circonstances, la « rupture » ne doit pas faire peur. Les Français sont « prêts aux efforts nécessaires pour peu qu'on leur propose un projet collectif et un calendrier crédible », a-t-il assuré. Reste une question : peut-on ainsi prôner la rupture et être un acteur clef du quinquennat de Jacques Chirac ? Pas de réponse.
PIERRE-ALAIN FURBURY
LES ECHOS – Le 10 mai 2006
12:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Deuxième phase du « Plan cancer »
Le Président de la République a fait de la lutte contre le cancer l’un des trois chantiers prioritaires du quinquennat.
Depuis maintenant trois ans, des avancées majeures ont été accomplies plaçant la France aux avants postes de la lutte contre le cancer qu’il s’agisse de la prévention, du traitement des patients ou de la recherche.
Toutefois, le Chef de l’Etat a souhaité aller encore plus loin dans la lutte contre cette maladie qui concerne toutes les familles.
1) Le Plan cancer a permis des avancées majeures depuis trois ans
On constate tout d’abord un rééquilibrage en faveur de la prévention et du dépistage
Le tabac est désormais moins accessible, notamment pour les jeunes.
- L’augmentation de 42% du prix du tabac entre janvier 2003 et janvier 2004 a eu un effet fortement dissuasif : en trois ans, le nombre de fumeurs a diminué de 1,4 millions.
- La vente de tabac est interdite aux jeunes de moins de 16 ans.
- La vente de cigarettes à prix promotionnels est également interdite.
D’importants efforts ont été déployés pour assurer un meilleur respect de la loi Evin : tous les TGV sont non fumeurs depuis décembre 2004 ; des amendes plus lourdes sont prévues en cas de non respect ; la capacité d’ester en justice a été reconnue aux associations de consommateurs et familiales.
Dès 2005, un programme de prévention des risques liés à l’environnement général et au travail a été mis en place. Le nombre des « entreprises sans tabac » a fortement augmenté.
De nombreuses campagnes d’information ont été organisées pour informer les Français et notamment les jeunes sur l’importance d’une alimentation équilibrée et variée.
Parallèlement, le dépistage s’est peu à peu généralisé : 7 millions de femmes entre 50 et 74 ans sont convoquées tous les deux ans pour bénéficier d’une mammographie gratuite.
Sur un quart de notre territoire, les 50-74 ans peuvent déjà bénéficier du dépistage organisé du cancer colo-rectal tous les deux ans. Sa généralisation est un objectif prioritaire.
15 000 personnes susceptibles de présenter des prédispositions génétiques à certains cancers ont pu profiter de tests d’oncogénétique.
Des changements très concrets sont intervenus dans la prise en charge des patients
La mise en réseau de tous les professionnels prenant en charge la maladie sera obligatoire à l’horizon 2007. Les crédits destinés à faciliter cette mise en réseau ont augmenté de 40% en 2005, soit 175 millions d’euros. 24,2 millions sont exclusivement consacrés à la cancérologie.
L’hospitalisation à domicile se développe fortement : 5 500 places étaient installées en mars 2005. Grâce à une enveloppe exceptionnelle de 50 millions d’euros en 2005, l’objectif est d’atteindre à terme les 8000 places.
Une nouvelle organisation des soins pour les enfants atteints du cancer permet de répondre à leurs besoins spécifiques, notamment familiaux et sociaux.
Les consultations anti-douleur sont d’ores et déjà accessibles dans tous les départements. L’objectif de 191 structures anti-douleurs fin 2005 est atteint.
La durée d’attente pour une examen d’IRM a diminué de 12 jours en un an : 137 nouveaux IRM et 183 nouveaux scanners ont été installés en 2003 et 2004. 28 nouveaux appareils de radiothérapie ont été mis en service en deux ans.
Tous les patients pris en charge dans le secteur public ou le secteur privé reçoivent les médicaments les plus innovants et adaptés quel que soit leur prix.
Mais l’effort a également porté sur le personnel soignant : le nombre d’internes en cancérologie a ainsi augmenté de 116 en 2003 à 181 en 2004. 22 postes supplémentaires de chefs de clinique ont été créés en 2005. Enfin, 250 autres professionnels de santé sont venus renforcer les effectifs hospitaliers en 2004.
La mobilisation s’inscrit dans le long terme grâce à des financements pérennes
Des progrès majeurs ont été réalisés dans la recherche contre le cancer : grâce à de nouvelles molécules et des techniques innovantes, les traitements sont plus ciblés et plus efficaces.
Pour mieux organiser la recherche, l’Etat a favorisé l’émergence de cancéropôles véritables accélérateurs d’innovation : 32 projets de recherche ont été retenus avec 35 millions d’euros de financement en deux ans.
68 postes nouveaux ont été créés dès 2004 dans les cancéropôles pour renforcer la recherche clinique en cancérologie.
La Plan cancer s’appuie sur des financements garantis sur le long terme : au total, l’Etat consacrera 1,5 Mds d’euros de mesures nouvelles entre 2004 et 2007.
2) Ces efforts seront poursuivis et amplifiés dans les années à venir
La lutte contre les addictions doit devenir une priorité de notre politique de prévention
Les addictions, au tabac, à l’alcool et au cannabis sont des causes majeures de cancer.
Afin de lutter contre le tabagisme passif, le Président de la République a demandé l’organisation d’une concertation approfondie sur la question de l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Une mission parlementaire sera également constituée. Les décisions seront prises avant la fin de l’année.
Parallèlement, le Gouvernement présentera dans les mois qui viennent un plan d’action global contre les addictions. Chaque CHU sera doté d’un service d’addictologie et des postes supplémentaires y seront affectés pour assurer des consultations régulières.
Au-delà, les addictions doivent également devenir un champ essentiel pour la recherche médicale et pharmaceutique : c’est un enjeu humain considérable mais c’est aussi un enjeu économique majeur. Le Président de la République a donc demandé que l’Institut national du cancer, les laboratoires publics, l’Agence nationale de la recherche et l’Agence de l’Innovation Industrielle s’engagent résolument dans ce secteur.
La généralisation du dépistage et la recherche contre le cancer seront accélérées
Même si le nombre de mammographies a doublé depuis deux ans, trop de femmes n’en bénéficient toujours pas soit par manque d’information soit par une peur irrationnelle qui associe dépistage et maladie.
Le Président de la République a donc demandé à l’Institut du cancer et à l’Assurance maladie de s’engager pour que le dépistage du cancer du sein devienne une réalité pour toutes les femmes.
Les dépistages du cancer de l’utérus et du cancer colorectal sont désormais bien engagés.
Mais la bataille continue au sujet d’autres maladies comme le cancer de la prostate qui est le troisième plus mortel chez les hommes. Son dépistage sera évalué dès l’an prochain dans quelques régions pilotes en vue de son éventuelle généralisation. Nous aurons ainsi le système de dépistage le plus complet au monde.
La recherche est la clef de la lutte contre le cancer. Le Président de la République a ainsi demandé au Gouvernement de lancer un programme national de recherche en mobilisant grâce aux cancéropôles les meilleures équipes scientifiques et hospitalières.
Elles pourront s’appuyer sur les progrès réalisés depuis trois ans : désormais, il est possible d’analyser sur grande échelle les prédispositions génétiques du cancer.
Enfin, la prise en charge des malades sera renforcée ainsi que les droits des patients
Une étape décisive a été franchie avec l’instauration progressive des procédures d’autorisation des établissements habilités à prendre en charge les malades du cancer. Il s’agit maintenant de préparer la prochaine étape à savoir celle de la labellisation des équipes médicales. C’est la garantie pour le patient de recevoir des soins de qualité adaptés à ses besoins.
En matière de traitement, l’enjeu aujourd’hui est celui de la personnalisation : les pôles régionaux de cancérologie devront mettre en place des plates-formes destinées à établir la carte d’identité des tumeurs. Pour chaque tumeur rare, sera désigné un centre de référence afin d’acquérir une expertise sur chaque facette de la maladie.
Mais, lutter contre le cancer, c’est également faire en sorte que la vie puisse reprendre ses droits pendant et après la maladie. Ainsi, il est urgent de mettre en place un dispositif d’accompagnement du retour à la vie quotidienne.
Cela renvoie aussi à la question de l’accès à l’assurance et à l’emprunt. Il convient notamment de remédier au problème de l’assurance invalidité grâce à plus de transparence dans l’octroi des polices et grâce à une véritable instance de médiation pour régler les dossiers litigieux.
10:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 29 mai 2006
Le Café Politique
association locale destinée aux personnes de tous horizons habitant
ou travaillant à Courbevoie et dans les communes voisines,
a le plaisir de vous convier à
un buffet-débat sur le thème
LA RÉFORME DE L’ÉTAT EN FRANCE :
enjeux & perspectives
en présence de
Christian SAINT ETIENNE
Professeur des Universités à Tours et Paris-Dauphine
Président de l'Institut France Stratégie
Membre du Conseil d'analyse économique auprès du Premier Ministre
le mercredi 31 mai 2006 à 20H00
Stade Municipal de Courbevoie
14:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Répondre à la crise du logement
La France connaît aujourd’hui une crise du logement. Afin d’y répondre, le Gouvernement a fait des choix clairs et ambitieux dès 2004 au travers du « Plan de cohésion sociale », lancé le ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement, Jean-Louis Borloo.
Après les bons résultats de l’année 2005, qui découlent directement de la mise en oeuvre de ce plan, le Gouvernement de Dominique de Villepin a décidé d'amplifier les efforts déjà entrepris: c’est tout l'objet du « Pacte national pour le logement ».
Le projet de loi portant engagement national pour le logement, qui doit venir en seconde lecture à l’Assemblée nationale fin mai, constitue le volet législatif de ce pacte. Sa promulgation est prévue pour le début de l’été.
1) La crise du logement était liée à une production trop longtemps insuffisante
Dans de nombreuses régions et dans la plupart des grandes agglomérations, il existe une forte insuffisance de l’offre de logements accessibles, qui s’explique en grande partie par une construction insuffisante au cours des deux décennies écoulées :
• Au cours cette période, la production totale n’a été que de 300 000 logements par an, avec une baisse jusqu’à 250 000 certaines années ;
• Le nombre de logements sociaux financés au cours des 10 dernières années n’a été que de 50 000 par an, avec même 40 000 seulement en 2000.
De ce fait nos concitoyens ont des difficultés à trouver un logement correspondant à leurs besoins, tant en locatif qu’en accession, alors que le logement est une de leurs préoccupations majeures. Ceci est particulièrement vrai pour les ménages à revenus modestes.
2) Le Plan de Cohésion Sociale a permis d’inverser la tendance
Face à cette situation, le Gouvernement a engagé en 2004 un politique volontariste de développement de l’offre, à travers le « Plan de cohésion sociale » qui couvre la période 2005-2009.
Ce plan prévoit des objectifs ambitieux pour lesquels les financements de l’Etat sont garantis dans la durée grâce à une loi de programmation :
• Pour le logement social dans le parc public : 500 000 logements en 5 ans
• Pour le logement à loyers maîtrisés dans le parc privé : 200 000 logements en 5 ans
En même temps le Gouvernement a décidé d’encourager l’accession à la propriété, qui correspond à une aspiration forte des Français : les prêts à taux zéro (PTZ) dédiés à l’accession sociale dans le neuf ont donc été étendus à l’accession dans l’habitat existant.
Grâce à la mobilisation de tous les partenaires (collectivités, organismes sociaux, propriétaires), les objectifs du plan de cohésion sociale en 2005 ont été en grande partie atteints :
• Plus de 80 000 logements sociaux financés dans le parc public, soit le plus haut niveau depuis 10 ans et le double de la production de l’année 2000 !
• Le nombre de prêts à taux zéro est passé de 80 000 à 200 000 ;
• 410 000 nouveaux logements mis en chantier en 2005 (et même 420 000 sur les 12 derniers mois), un chiffre record, inégalé depuis 25 ans !
3) Le Pacte national et la loi portant Engagement National pour le Logement
En septembre 2005, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a appelé l'ensemble des acteurs du logement, notamment le monde HLM et les représentants du parc privé, à établir un nouveau « Pacte national pour le logement ». Ce pacte vise à conforter le plan de cohésion sociale et à amplifier l’effort de construction dans tous les secteurs (logement social, locatif privé, accession sociale…) et dans toutes les régions.
Ce Pacte comprend des actions opérationnelles qui sont en cours de mise en œuvre, mais surtout des dispositions législatives qui figurent dans le projet de loi portant « Engagement national pour le logement » ( ENL ) :
• La mobilisation de la ressource foncière pour la production de logements :
Mise à disposition d’une partie importante du patrimoine foncier de l’Etat et de ses établissements publics en faveur de la construction de logements :
- La programmation des cessions de terrains publics arrêtée permettra la mise en chantier de 30 000 logements dans les 3 prochaines années ;
- Lorsque ces terrains accueilleront des logements sociaux, le prix de cession pourra être réduit jusqu’à 35 % ;
Création par la caisse des dépôts et consignations, depuis fin 2005, de nouveaux prêts dédiés aux acquisitions foncières d’une durée pouvant aller jusqu’à 60 ans ;
Mise à la disposition des maires de nouveaux outils dans la cadre de la loi ENL :
- Possibilité d’introduire dans les documents locaux d’urbanisme de nouvelles dispositions incitatives en faveur du logement ;
- Possibilité de majorer la taxe sur les terrains constructibles qui restent non bâtis afin de lutter contre la rétention foncière ;
- Transparence accrue des marchés fonciers par la transmission gratuite aux maires des données foncières détenues pas les services fiscaux.
• Le développement de l’offre de logements locatifs à loyers maîtrisés :
Pour les logements sociaux financés au cours du plan de cohésion sociale, remboursement intégral par l’Etat aux collectivités locales de l’exonération de la taxe foncière ;
Création de deux nouveaux dispositifs d’incitation fiscale à l’investissement locatif :
- Le « Borloo populaire » pour la construction neuve qui aura des contreparties sociales (loyer inférieur à 30% du marché et plafonds de ressources) à ses avantages fiscaux tout en ayant une meilleure rentabilité que le dispositif actuel ;
- Le « Borloo dans l’ancien » qui bénéficiera d’une déduction spéciale de 30% pour des loyers de niveau intermédiaire et de 45% pour des loyers de niveau social ;
Déduction forfaitaire de 30% pour les logements vacants remis sur le marché avant la fin 2007, cette incitation étant cumulable avec le nouveau dispositif « Borloo dans l’ancien » ;
Elargissement du taux de TVA réduit aux hébergements d’urgence, ce qui permettra de faciliter la réalisation du programme de 5000 logements d’urgence et d’insertion.
• Un nouveau développement de l’accession sociale à la propriété, pour répondre à l’aspiration forte des français :
TVA à 5,5% pour l’accession sociale dans les quartiers en rénovation urbaine,
Développement du nouveau mécanisme de dissociation du foncier et du bâti, qui permet à un particulier d’acquérir sa maison tout en louant le terrain et d’acquérir le terrain dans un deuxième temps, ouvrant ainsi l’accession à des ménages aux ressources plus modestes ;
Ces outils permettent aux constructeurs et collectivités locales de monter des projets de Maisons à 100.000 €.
• Le renforcement de l’accès de tous à un logement confortable
Renforcement des mécanismes d’attributions de logements sociaux pour les publics prioritaires
Incitation à la mobilité dans le parc social par un nouveau dispositif de supplément de loyers
Lutte contre l’habitat indigne par une simplification des procédures et une accélération du traitement des situations d’urgence
Interdiction des coupures d’eau, d’électricité et de gaz pour les ménages en difficulté pendant la période d’hiver.
La loi ENL votée, les outils essentiels à la conduite d’une ambitieuse politique du logement seront en place. Il restera, avec tous les acteurs du secteur de l’habitat, à poursuivre sa mise en œuvre afin que le rythme de construction franchisse rapidement le niveau de 450 000 logements par an et que les efforts fournis depuis trois ans apportent des solutions concrètes à la demande légitime de logement de nos concitoyens.
10:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 27 mai 2006
Assises " Paris, cœur d’agglomération : les transports " à Charenton-le-Pont
Le débat est ouvert pour une nouvelle politique pour notre ville
Aujourd’hui plus 5 millions de personnes vivent, travaillent et se déplacent dans les soixante-dix communes du cœur de notre région et sont confrontés aux mêmes problèmes de transports, d’insécurité, d’emploi... Or, l’absence de concertation entre la ville de Paris et son agglomération retarde la mise en oeuvre d’un certain nombre de solutions.
Philippe Goujon, Roger Karoutchi, Françoise de Panafieu et Jean-Marie Brétillon, Maire de Charenton-le-Pont
La reconquête de Paris et de la Région Ile-de-France est un objectif politique qui nous concerne tous.
A l’issue des primaires, Françoise de PANAFIEU est notre candidate à la Mairie de Paris, désignée par l’ensemble des adhérents parisiens.
Elle a proposé en liaison avec nos deux groupes, que nous organisions les « Assises de Paris, cœur d’agglomération » qui réunissent dans le respect de leurs propres identités, les élus(es) de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine Saint-Denis et du Val-de-Marne. Il s’agit d’imaginer ensemble une autre politique pour Paris et son cœur d’agglomération, une autre politique pour notre région.
La première réunion s’est déroulée à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), le lundi 22 mai 2006 et a traité de la thématique des transports en raison de l’actualité des débats sur le plan de déplacement de Paris (PDP) et sur la mise en place du STIF. Trois autres réunions suivront et aborderont les questions du logement, du développement économique et enfin, de l’intercommunalité.
La réunion a été animée par Roger KAROUTCHI, Sénateur, Président du Groupe UMP au Conseil Régioanl d’Ile-de-France et Claude GOASGUEN, Député de Paris, Président du Groupe UMP au Conseil de Paris. De nombreux élus sont intervenus, dénonçant notamment les choix de la mairie de Paris en matière de transport et de circulation.
16:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 23 mai 2006
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, sont les personnalités politiques qui incarnent le plus la réforme aux yeux des Français.
Les Français veulent des réformes.
93% des Français jugent urgent d'entreprendre des réformes en France, selon le dernier sondage Acteurs publics/Ifop, en partenariat avec Metro et LCP-Assemblée nationale.
Un résultat fort – 54% des Français jugent qu'il est "très urgent" de réformer" – et homogène, toutes catégories sociodémographiques et politiques confondues.
D'un point de vue sectoriel, c'est en matière de droit du travail que les Français estiment qu'il est le plus urgent de réformer (41%). Cette réforme du droit du travail devance en terme d’urgence celle de la justice (22%) et de l’Education nationale (25%).
Seuls 12% des Francais appellent de leurs vœux des réformes des institutions de la V e République , pourtant réclamées par des acteurs situés à gauche comme à droite de l’échiquier politique.
Sarkozy et Royal, candidats de la réforme.
Invités à placer diverses personnalités politiques dans le camp de la réforme ou dans celui de l'immobilisme, les Français distinguent les deux personnalités faisant la course en tête au sein de leur camp dans la perspective de la présidentielle : Nicolas Sarkozy (76%) et Ségolène Royal (65%) sont les deux figures qui incarnent le plus la réforme aux yeux des Français.
Ils sont suivis par Dominique de Villepin (55% le placent dans le camp de la réforme).
Quatre autres personnalités manquent de peu le camp de la réforme : il s'agit de François Bayrou (réformateur pour 45% des Français), Dominique Strauss-Kahn (47%), Jack Lang (48%) et Jean-Marie Le Pen (49% contre 50% qui le placent dans le camp de l'immobilisme).
En fin de classement, derrière Marie George Buffet qui incarne la réforme aux yeux de 39% seulement des Français, arrivent trois anciens Premier ministres : Alain Juppé (36%), Lionel Jospin (34%) et Laurent Fabius (33%).
14:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Rassembler les forces de la zone dense
« Delanoë s'enferme dans ses vingt arrondissements »
20 Minutes | édition du 23.05.06
L'idée d'un « Grand Paris » refait surface. Depuis plusieurs jours, partis politiques et collectivités ont relancé le débat autour d'une structure pour gouverner le coeur de l'Ile-de-France. A Paris, Bertrand Delanoë et son adjoint chargé des Relations avec les collectivités, Pierre Mansat (PCF), se rapprochent des collectivités de la « zone dense » de l'Ile-de-France, soit l'ex-département de la Seine, pour mettre en place « avant l'été » une conférence métropolitaine. « Un lieu de dialogue au coeur de l'Ile-de-France sur des sujets communs, comme les transports, le logement, l'environnement », explique Pierre Mansat. « Il n'a convaincu que vingt-cinq villes, et cette conférence n'aura aucun pouvoir décisionnaire. Ce sera comme parler dans le vide », se moque Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional.
« Paris n'aura pas plus d'importance que les autres dans cette structure », jure par ailleurs Pierre Mansat. C'est pourtant l'un des points qui inquiètent Jean-Luc Laurent, maire (Mouvement républicain et citoyen) du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), et vice-président en charge du Logement à la région : « Une telle organisation pourrait mener à ce genre de dérives. » Pour le maire du « KB », « le postulat est juste : les communes ne peuvent pas répondre seules aux défis qui les attendent en matière de transport, de logement... Mais c'est toute l'Ile-de-France qui est concernée par ces problèmes, qui appellent donc des réponses au niveau régional. » Aussi l'élu suggère-t-il la création d'une conférence territoriale régionale. Pilotée par la région.
Tous, en tout cas, admettent que « quelque chose ne va pas dans la gouvernance au coeur de l'Ile-de-France, qui n'est pas à l'échelle des enjeux. » Et qui sera à coup sûr au coeur des prochaines municipales.
Mickaël Bosredon
12:44 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 18 mai 2006
Aveu d'échec par Huchon en matière de développement économique
Le dispositif des emplois-tremplins, lancé par plusieurs régions socialistes pour pallier la suppression des emplois-jeunes par le gouvernement Raffarin, a du plomb dans l’aile en Ile-de-France. La région doit adopter aujourd’hui une refonte du système, voté fin 2004, afin de relancer une machine en panne. Sur les 10.000 postes prévus d’ici à 2010 dans les associations, les entreprises d’insertion et les GIP, 679 ont été budgétés et seulement 450 pourvus et les secteurs visés sont moins demandeurs que prévu. Ainsi, la région pensait que son aide conséquente - 15.000 euros par poste et par an pour des CDI, pendant trois ans, ainsi que 1.500 euros au titre de la formation - allait dynamiser les services à la personne, or les demandes ont essentiellement concerné la culture et le secteur de l’action sociale et la santé.
Au final, 28 % des postes créés l’ont été dans ce dernier domaine, 13,6 % dans l’économie solidaire, la culture en obtenant 11 %.
Autre dysfonctionnement : ces emplois-tremplins ne correspondent pas au public ciblé, les personnes en difficulté, à savoir les chômeurs de longue durée de plus de quarante-cinq ans, les jeunes sans emploi de moins de vingt-six ans et les handicapés. En fait, 80 % d’entre eux concernent des bac +2, car les associations ont besoin d’encadrement pour « développer des projets ». « C’est un échec, nous avons perdu deux ans, alors qu’au lieu de sectoriser il fallait travailler avec l’Etat en complément du plan Borloo, lance Roger Karoutchi, président du groupe UMP. Il faut ouvrir le système au privé pour que cela fonctionne, en apportant un soutien sous forme de formation aux contrats aidés. » « Ce n’est pas le moment, alors que le gouvernement va vers une précarisation de l’emploi, on l’a vu avec le CPE, que la région lui apporte son aide, répond Daniel Brunel, vice-président PC. Nous allons élargir le système et travailler avec l’ANPE et les missions locales pour qu’elles proposent des emplois-tremplins et pas seulement les contrats aidés de l’Etat. »
Guichet unique Dès juin, les allocataires du RMI depuis plus d’un an, les demandeurs d’emploi sans condition d’âge domiciliés dans les ZFU et les moins de vingt-sept ans pourront y prétendre. De nouveaux employeurs seront éligibles, comme les SCOP, les SCIC (sociétés coopératives d’intérêt collectif) et les GEIQ (groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification). Pour inciter les associations à recruter les moins qualifiés, la dégressivité des aides de la région sera plus progressive au-delà de trois ans. Plus sévère, l’embauche d’un diplômé devra être subordonnée à celle d’une personne non qualifiée. Enfin, afin « d’offrir plus de souplesse dans la gestion des demandes », et éviter un parcours du combattant aux associations, la région va créer un guichet unique dans ses services.
Les Echos - Dominique CHAPUIS 18 mai 2006
09:18 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note







