« Transports : La Défense sonde ses usagers | Page d'accueil | Réforme du droit des successions et des libéralités »
lundi, 19 juin 2006
Le point sur la sécurité des Français
Nicolas Sarkozy a présenté jeudi 8 juin un bilan de l’action menée par la majorité en matière de sécurité depuis 2002.
Alors que les Français font plus confiance à la droite qu’à la gauche pour lutter contre l’insécurité (sondage Le Figaro-LCI publié le 8 juin), ce bilan leur donne raison : la délinquance générale est en baisse constante depuis 2002.
Il faut dire que les engagements pris par la majorité ont été tenus, que ce soit en matière de renforcement des moyens humains, techniques ou encore juridiques.
Mais il reste encore à faire pour renforcer la sécurité de nos concitoyens. C’est la raison pour laquelle le ministre d’Etat a également détaillé le programme d’action du Gouvernement de Dominique de Villepin pour les mois à venir.
1) Le bilan chiffré de 4 ans de lutte contre l’insécurité.
La mise en place en 2003 d’un organisme indépendant, l’Observatoire national de la délinquance, a permis de lever les polémiques sur la fiabilité des chiffres de la délinquance. Pour la période 2002-2006 , on constate :
Que la délinquance est en baisse continue, alors que sur la période précédente, elle n’avait cessé d’augmenter :
• Délinquance générale : - 8,8% (+ 14,5% entre 1998 et 2002)
• Délinquance de voie publique (vols, vols avec violences, cambriolages…): - 23,7% (+ 10,5% entre 1998 et 2002)
Que l’efficacité des forces de l’ordre et des services d’enquête s’est améliorée :
• + 40,8 % du nombre d’infractions révélées par l’activité des services
• + 9 points du taux d’élucidation général à 33,65% (il avait perdu 3,7 points entre 1998 et 2002). Le taux d’élucidation en matière de lutte contre la criminalité organisée et la délinquance spécialisée passe à 85,15 % en 2006, contre 69,3% en 2002 (il avait perdu 12,3 points entre 1998 et 2002).
• + 46,2 % des garde à vues et + 22,9% d’écroués
Si l’on regarde les chiffres par catégories d’infractions, on remarque :
Que les atteintes aux biens ont chuté : - 16,4% (contre + 12,5% sur 1998-2002)
Que les escroqueries économiques et financières ont reculé : - 10,8% (+20,6% sur 1998-2002)
Que les violences aux personnes, par contre, ont augmenté : + 12,45%. Il s’agit clairement d’un point d’insatisfaction, mais :
• Ces actes sont loin de représenter la majorité des crimes et délits : il atteignent 12,6% du total, soit 1 acte de délinquance sur 8 pour les 12 derniers mois
• Entre 1998 et 2002, sous la gauche, leur progression avait été 3 fois supérieure avec + 42,2%
• Les violences avec armes blanches ont régressé de 32,6%, les vols avec armes à feu de 36,9%, les violences sexuelles de 10 % : ce sont en fait les violences non crapuleuses, « gratuites », souvent dans la sphère familiale qui augmentent.
• Il s’agit d’un véritable phénomène de société, dont sont principalement victimes :
Les mineurs : + 30% pour les violences, mauvais traitements et abandons d’enfants
Les policiers et les gendarmes : + 34 % de violences à dépositaires de l’autorité
• Pour autant, les forces de l’ordre sont pleinement engagées dans la lutte contre ces violences : le taux d’élucidation a même progressé de 5,4 points sur 3 ans, atteignant aujourd’hui plus de 78%.
2) Des engagements tenus depuis 2002
Le bilan se situe aussi dans les moyens mis en œuvre. Depuis 2002, beaucoup a été fait, que ce soit :
Au niveau des moyens financiers et humains :
• 5 200 policiers recrutés dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI), soit 80% de notre objectif qui doit être intégralement réalisé en 2007
• 5 100 recrutements en gendarmerie réalisés pour un objectif de 7 000 en 2007
• 82% des crédits d’équipement atteints (gilets pare-balles, uniformes, armement…)
• Réorganisation des corps et des carrières, pour mieux valoriser les compétences
• Meilleure gestion des effectifs de police et de leur emploi grâce à la main courante informatisée (MCI), qui permet à tout moment d’adapter la présence des forces de l’ordre sur le terrain
• Réorganisation de la répartition des forces sur tout le territoire et revalorisation de l’action judiciaire de la police et de la gendarmerie
• Création des Groupements d’intervention régionaux (GIR) dont le bilan depuis 2002 est conséquent :
Plus de 2 000 affaires traitées, près de 15 000 personnes en garde à vue et 3 600 personnes écrouées
Saisie de 1 500 armes, 5 tonnes de cannabis, 104 000 comprimés d’ecstasy, 86 kg d’héroïne, 56 kg de cocaïne et 48 millions €.
Au niveau des moyens techniques :
• Développement des outils de police scientifique et technique :
Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG) : 1000 fiches en 2002, 220 000 aujourd’hui
Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) : 2,3 millions de fiches en 2005 contre 1,4 millions en 2002
Systématisation des relevés d’empreinte après les cambriolages
Mise en commun prévue en 2007 des fichiers police et gendarmerie
• Dotation de caméras embarquées dans les véhicules de police
Au niveau des moyens juridiques :
• Mise en place de nouvelles incriminations (loi du 18 mars 2003), qui ont notamment permis
Le renforcement de la lutte contre le proxénétisme et les réseaux :
- 158 réseaux démantelés et 3 774 personnes mises en cause
- Recul visible de la prostitution dans nos villes et au bord de nos routes
De lutter contre la mendicité organisée
• Renforcement de notre arsenal juridique pour lutter plus efficacement contre le terrorisme avec la loi du 23 janvier 2006
• Adaptation de notre droit pour améliorer la lutte contre les violences dans les stades (interdiction administrative, dissolution des associations violentes ou racistes)
• Amélioration de notre législation pour mieux éviter les détournements de procédure et lutter plus efficacement contre l’immigration clandestine. Cette action s’est accompagnée d’une augmentation de l’activité des services :
Plus de 64 000 étrangers en situation irrégulière interpellés entre mai 2005 et avril 2006 (contre 41 000 entre mai 2001 et avril 2002)
Plus de 21 000 reconduites aux frontières en 2005/20006 contre moins de 9 500 en 2001/2002. L’objectif est fixé à 25 000 pour cette année.
3) Un programme d’action pour les mois à venir
Il s’agit aujourd’hui de poursuivre l’effort pour faire reculer durablement et plus profondément la violence et la délinquance :
Un projet de loi de prévention de la délinquance sera présenté à la fin du mois de juin en conseil des ministres. Il prévoit notamment :
• Un rôle accru du maire dans la lutte contre l’absentéisme scolaire
• La diversification des mesures applicables aux mineurs délinquants
• Présentation immédiate et possibilité d’un jugement à la prochaine audience pour les plus de 16 ans, afin d’accroître la rapidité de la réponse judiciaire
Nicolas Sarkozy a également présenté 8 objectifs opérationnels :
• Création d'un service volontaire citoyen de la police nationale pour 1.000 volontaires d'ici fin 2006
• Renforcement de la protection de nos concitoyens contre les chiens dangereux :
• Généralisation de la présence de psychologues dans les services de police
• Mise en service, dans les unités concernées par les violences urbaines, de
détecteurs électroniques d'hydrocarbures pour prouver la manipulation de produits incendiaires
• Mise à disposition de la police nationale de 4 hélicoptères de la sécurité civile en alerte dans les grandes conurbations pour poursuivre les malfaiteurs
• Elargissement de la possibilité du témoignage anonyme aux menaces d'atteintes aux personnes et aux biens et plus seulement en cas de mise en danger de son intégrité physique
• Création d'une charte d'engagement « confiance en ligne » pour sécuriser l'utilisation d'Internet
• Qualification de circonstance aggravante en cas d'agressions filmées et photographiées pour sanctionner plus sévèrement le « happy slapping ».
16:49 Publié dans Argumentaires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







