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mardi, 27 juin 2006

PS 2007 : l’Odyssée de la Dépense


 Alors que le Gouvernement a fait le choix de la responsabilité, c’est-à-dire du désendettement, de la réduction du déficit et de la maîtrise des dépenses publiques, la stratégie du parti socialiste renoue avec la « facilité », à travers toujours plus de dépenses, et donc toujours plus de déficit et de dette.
 La philosophie du projet du parti socialiste se résume en une phrase : réamorcer la « pompe à morphine » des dépenses publiques pour mieux faire oublier les problèmes de notre pays.

1) Le projet du PS, c’est « retour vers le passé » : on traite les problèmes d’aujourd’hui avec les idéologies d’hier

Le parti socialiste a fait successivement, au cours des 25 dernières années quatre erreurs économiques dont la France a mis des années à se remettre :

 Durant la décennie 80, les nationalisations : la France a été le seul pays à réaliser des nationalisations alors que tous les grands pays de l’OCDE conduisait la libéralisation de nombreux secteurs (banques, assurance, industries automobiles) ;
 Durant les années 90, les embauches massives de fonctionnaires alors que l’ensemble des pays de l’OCDE ont mené des réformes de leur fonction publique pour adapter les effectifs aux besoins réels des services publics ;
 A la fin des années 90, les emplois jetables avec les emplois jeunes qu’on embauche pendant cinq ans sans formation avant de les remettre dans la cohorte des chômeurs ;
 Durant les années 2000, la réduction du temps de travail, avec les 35 heures, alors que dans de nombreux pays les gouvernements ont visé, au contraire, à augmenter le nombre d’heures travaillées (réforme des retraites, assouplissement des heures supplémentaires etc.)

Ce que nous propose aujourd’hui le parti socialiste, c’est une politique archaïque qui renoue simultanément avec tous ces contresens économiques :

 renationalisation d’EDF : à l’heure où le marché de l’énergie se conçoit au niveau mondial, entre géants économiques, la gauche voit les choses en miniature et en reste à une position strictement idéologique. Au détriment de tous : les consommateurs, les salariés d’EDF, les entreprises. Et tout cela sans compter que le rachat des 15% d’une capitalisation valorisée à près de 80 Mds€ coûterait 11 milliards d’euros.
 sur l’emploi, le PS nous ressort toutes les vieilles recettes qui n’ont jamais marché :
 vision malthusienne du partage du travail, à travers la généralisation des 35 heures : sur ce sujet, le PS n’a décidément « rien vu, rien appris », alors que tous les pays, y compris ceux dirigés par la gauche, ont pris des mesures pour augmenter le temps de travail, et que tout le monde en France a bien vu que les 35 heures ont miné le pouvoir d’achat des Français
 recours massif à l’emploi public, à travers la réactivation des emplois jeunes et l’embauche massive de fonctionnaires :
- c’est une mesure totalement à contretemps des évolutions démographiques : les fonctionnaires demandent en effet à être moins nombreux mais mieux payés sur des services publics efficaces ; quant au secteur privé, les vagues de départ à la retraite font que certains ont aujourd’hui du mal à recruter (informatique, etc.), ce n’est pas le moment d’assécher les compétences disponibles !
- enfin, rien que pour les emplois jeunes, cela coûterait 5 milliards d’euros au budget de l’Etat, alors même que cette mesure a prouvé sa totale inefficacité en terme d’insertion professionnelle.
 abrogation de la réforme des retraites : c’est la « stratégie de Pénélope », la gauche veut défaire tout ce qui a été fait, et qu’elle n’avait jamais eu le courage de faire elle-même. Là encore

2) Le projet du parti socialiste : dépensons ensemble !

Après les 110 propositions de 1981, les 115 milliards de dépenses : on n’arrête pas le progrès !

 La mise en œuvre de ce programme aboutirait à une aggravation des charges publiques de 62 milliards d’euros dès 2007, et à terme en 2012 de 104 milliards d’euros par an (soit l’équivalent de 7 points de PIB), auxquels il faut ajouter les 11 milliards d’euros de la renationalisation d’EDF !

 Et encore, ce coût n’intègre pas l’annulation de la dette en faveur des pays les plus pauvres, qui alourdirait encore la facture de 52 milliards d’euros supplémentaires.

 Le ratio de dépenses publiques passerait ainsi à 61% du PIB, un record absolu parmi les pays européens ! Même Cuba n’a pas osé !

Une conséquence certaine : le sacrifice programmé des classes moyennes

 Le PS nous explique que toutes ces mesures pourront être financées grâce à une croissance de 2,5% par an. On est loin du compte : pour dégager 115 milliards d’euros de ressources nouvelles, il faudrait en réalité que la croissance du PIB atteigne au moins 8,5% par an, c’est-à-dire une croissance « à la chinoise » !

 Pour financer ce programme, il n’y aurait en effet que deux méthodes possibles :
1) Soit une augmentation massive des prélèvements obligatoires :
 Il est vrai que le PS ne manque pas d’idées dans ce domaine : remise en cause des allégements de charges pour les entreprises, progressivité de la CSG, fusion IR et CSG, nationalisation de la taxe professionnelle avec une assiette unique fondée sur la valeur ajoutée, hausse de la TGAP, taxe sur les industries pharmaceutiques, suppression du dispositif « Robien »…
 La mise en œuvre de cette première méthode, ce serait pour la France l’assurance de voir son taux de prélèvements obligatoires franchir largement le seuil des 50%, une première parmi les pays de l’OCDE ! Avec à la clé le matraquage fiscal des classes moyennes, celles qui paient déjà l’essentiel des impôts et de charges sociales.
2) Soit un triplement du déficit public :
 Le déficit passerait de un peu plus de 40 milliards environ aujourd’hui à près de 160 milliards, soit +300%. Cela nous ferait évidemment totalement sortir des clous de Maastricht : le déficit s’élèverait ainsi à près de 9,5% du PIB et la dette à 80% du PIB
 Cette dette, il faudra bien la payer un jour et elle sera donc à la charge des générations qui entrent aujourd’hui sur le marché du travail. Nos enfants auront le devoir de payer à la fois les factures de leurs prédécesseurs mais aussi à financer leur propre couverture sociale (santé, retraite), puisque l’Etat n’aura pas été à même de sauver le système avant qu’il ne soit trop tard (abrogation de la loi sur les retraites).

3) C’est tout le contraire de la politique que nous conduisons depuis 2002 et de nos orientations budgétaires pour 2007

 Là où nous privilégions les baisses d’impôts pour soutenir le pouvoir d’achat des Français et leur permettre de toucher les fruits de leurs efforts, la gauche propose de taxer toujours plus ceux qui travaillent

 Là où nous amorçons une vraie stratégie de désendettement, respectueuse des générations futures (comme l’ont fait beaucoup d’autres pays comme le Canada, la Suède), la gauche propose de dépenser à crédit et de laisser à d’autres le soin de régler les factures

 Là où nous proposons un meilleur service public à moindre coût, la gauche veut faire croire qu’il suffit de dépenser toujours plus pour régler les problèmes des Français.

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