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lundi, 24 juillet 2006

Comité d’entreprise d’EDF : la CGT et Thibault sur la sellette



Justice
Le patron de la CGT a été entendu hier par la brigade financière sur l’emploi d’une secrétaire de son syndicat payée par EDF.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a dû, hier, se rendre chez les enquêteurs de la brigade financière pour s’expliquer sur l’emploi d’une des anciennes assistantes de la Confédération.
Marie-Christine Beyleix, agent EDF, a-t-elle occupé un emploi fictif à la CGT ? Entre 1999 et 2002, cette mère de famille, mariée à un responsable régional de la Caisse centrale des activités sociales (CCAS) – le fameux comité d’entreprise d’EDF-GDF -, a en effet été la collaboratrice de Christian Delacherie, l’un des plus proches collaborateurs de Bernard Thibault.
A l’époque, Marie-Christine Beyleix, qui a fait valoir ses droits à la retraite d’EDF en 2003, après vingt ans de maison, archivait les informations économiques pour nourrir les discours du leader de la CGT. Pourtant, au cours de cette période, elle aurait dû travailler pour les loisirs des agents d’EDF-GDF. Elle avait été en effet détachée par l’entreprise publique au siège de la CCAS.

« L’affaire est quasiment bouclée »

Le patron de la CGT s’est déclaré « serein » à l’issue de son audition de plus de deux heures et demie. « J’ai été entendu comme simple témoin », a-t-il déclaré.
Depuis février 2004, la brigade financière enquête à la demande du juge financier Jean-Marie d’Huy, qui cherche à savoir si le comité d’entreprise le plus riche de France a servi de pompe à finance à la CGT, syndicat majoritaire d’EDF-GDF depuis 1946, et au Parti communiste. A la fin 2003, les révélations de l’ancien directeur de la CCAS, Jean-Claude Laroche, lui-même issu du sérail cégétiste, et de son adjointe avaient déclenché la machine judicaire. Une information judiciaire alors été ouverte pour « abus de confiance, escroquerie, faux et usage de faux ». Depuis deux ans, deux officiers de la police judiciaire travaillent à temps complet sur les comptes du comité d’entreprise et de ses satellites tant les anomalies comptables sont légion dans les livres de la CCAS : des sous-traitants choisis pour leur proximité avec les mairies communistes de la banlieue nord de Paris, où la CGT facturait au prix fort leurs services, une dizaine d’emplois suspects, l’absence de contrôles, etc.
« L’affaire est quasiment bouclée, explique une source proche de l’enquête. Nous avons saisi le volume d’un bureau complet de documents. Mais au moment des perquisitions, beaucoup de dossiers avaient disparu, notamment au service du personnel. Des salariés nous ont expliqué que les broyeuses avaient fonctionné à plein avant notre arrivée. »
Le juge voulait que Bernard Thibault justifie les conditions de l’emploi de Marie-Christine Beyleix auprès des enquêteurs. L’intéressé a précisé qu’ils d’agissait « d’une collaboratrice qui venait ponctuellement, au service d’un conseiller, dans la confédération mais elle n’a jamais été (ma) secrétaire ».
Le magistrat considéra-t-il qu’il s’agit d’une perversion du modèle social à la française et de la faiblesse de ses syndicats obligés de trouver des pis-aller pour subsister ? Ou y verra-t-il au contraire l’arbre qui cache la forêt des relations troubles entre les entreprises publiques, la CGT et le Parti communiste ?

Marie-Christine Tabet, Le Figaro, le 20/07/2006







La CCAS toujours plus riche

La Caisse centrale des activités sociales (CCAS), n’est autre que le comité d’entreprise des industries électroniques et gazières, c’est-à-dire principalement celui d’EDF-GDF. Connu pour être, depuis sa création en 1946, « le plus riche » de France, il a encore profité de la restructuration des entreprises publiques. Sa dotation est passée de 408 millions d’euros en 2005 à quelque 450 millions cette année. Et pour cause. Cette somme provient pour plus des deux tiers d’un prélèvement de 1 % sur les ventes d’électricité et de gaz en France : 70 % de ce prélèvement va à la CCAS (les 30 % restants finançant la mutuelle des agents et la gestion de leur « sécu »). Les augmentations de l’énergie ont donc largement profité aux agents. Le reste du budget de la CCAS provient de la quote-part payée par les familles qui profitent des services (vacances notamment) du CE.
Depuis 1946, la CCAS est dirigée sans partage par la CGT qui, à chaque élection professionnelle, obtient la majorité absolue. Le CE est ouvert à quelque 600 000 bénéficiaires : les 167 000 agents des industries électriques et gazières (dont 140 000 chez EDF-GDF) ; et les 140 000 agents percevant un « salaire d’inactivité » (la définition maison de la retraite…) ainsi que leurs familles.

Marie-Christine Tabet, Le Figaro, le 20/07/2006





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